Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria / Domotic

 date du concert

15/09/2019

 salle

Marbrerie,
Montreuil

 tags

Domotic / Marbrerie

 liens

Marbrerie

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Il y a quelques semaines, nous regrettions n’avoir pu être présents lors de la venue, pour la partie en plein air du Festival Villette Sonique, d’Efrim Manuel Menuck, venu présenter son projet Sing Sinck, Sing. Une nouvelle tournée française, en cette rentrée, permet de se rattraper et d’enfin découvrir, par la même occasion, la Marbrerie, cette ancienne usine reconvertie, depuis plusieurs années, en salle de spectacle à la programmation variée. Avec des rangées de chaises disposées dans l’espace principal, la volonté était claire de favoriser une écoute attentive pour un public qui, de famélique au tout début du premier set, devint nettement plus consistant par la suite.

Domotic

C’est donc face à une assistance, dans un premier temps, clairsemée que Domotic commença la soirée pour une nouvelle prestation qualifiée de « techno » par l’intéressé, redevenu régulier sur les scènes franciliennes depuis quatre ans. Pourtant, son ouverture fut plutôt ambient, avec un travail sur des boucles chromatiques, façon montées rapides, combiné à des sons provenant de cassettes audio pitchées en direct afin d’en étirer les nappes. Les rythmiques arrivèrent par la suite, assez marquées (basses en doubles-croches, claquements, charleston digitalisé) tandis que, mélodiquement, on se situait dans une veine accrocheuse. Ce schéma fut reproduit sur le reste des cinquante minutes : introduction de deux ou trois minutes avec nappes et quelques apports électroniques, puis intégration des basses et pulsations.

Entraînant et efficace, le propos de Stéphane Laporte souffrit peut-être de la configuration de la Marbrerie puisqu’un contraste apparut entre le public, assis en contrebas de la scène qui, au mieux, dodelinait de la tête, et le Français qui envoyait ses morceaux d’électronique quasi-dansante, éclairé par des spots bleu et rouge parfois clignotants, à la limite de l’effet stroboscopique. Quoiqu’il en soit, musicalement, le set fut tout à fait convaincant.

Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria

Les tables des musiciens inversées et le matériel du duo mis en place, Efrim Manuel Menuck et Kevin Doria purent installer leurs nappes très denses, parfois parsemés de quelques martèlements ou traits de guitare saturée et samplée. Alors que, pour ses deux premiers albums solo, le leader de Godspeed You Black Emperor ! et A Silver Mt. Zion, opérait vraiment en solitaire, il collabore donc à présent avec Kevin Doria, l’un des fondateurs de Growing. Pendant que celui-ci se charge de malaxer les textures (avec des interventions parfois proches des slides de basse tant affectionnés par son groupe), Efrim Manuel Menuck officie principalement au chant, dans un registre incantatoire, proche du mantra. Plus généralement, le Canadien optait pour une posture très messianique, avec ses cheveux longs et frisés recouvrant en partie son visage, sa barbe fournie, sa chemise noire ouverte, un pendentif doré autour du cou, ses tatouages, ses yeux clos et ses deux mains tenant son micro. C’est sûr qu’à côté de ce monstre de charisme, Kevin Doria faisait presque pâle figure avec ses machines et ses câbles qu’il manipulait.

La conjonction des deux musiciens put, pour autant, toucher au sublime sur Do The Police Embrace ?, magnifique deuxième morceau du concert, empilant oscillation des nappes, frottement des accords l’un contre l’autre (entre dissonances frôlées et micro-larsens), montée en puissance de la distorsion, ligne de basse prenante, chant plus intelligible que sur d’autres titres et coups sourds façon battement de cœur. À côté, le reste du set put sembler un peu trop homogène même si on mettra quand même en exergue un passage dans lequel, en parallèle d’une tension musicale un peu moins forte, le chant se fit moins chamanique et plus plaintif, à la limite de la complainte, belle et triste à la fois.

François Bousquet
le 18/09/2019

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