Lucrecia Dalt / BlankFor.ms

 date du concert

28/09/2019

 salle

Public Records,
New-York

 tags

Lucrecia Dalt / Public Records

 liens

Lucrecia Dalt
Public Records

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Ouvert au printemps dernier dans le quartier industriel de Gowanus, situé dans le sud de Brooklyn, Public Records tient à la fois du salon de thé vegan, du café branché où l’on vient travailler ensemble et du mini-disquaire avec deux bacs de vinyles. Dans la lignée de ce positionnement, le lieu organise régulièrement des concerts (Rafael Anton Irisarri fut l’un des premiers à s’y produire) et, mensuellement, des « ambient cafe » (Benoit Pioulard est annoncé pour fin novembre). Sortant d’une résidence new-yorkaise d’un mois, Lucrecia Dalt était conviée pour cette fin septembre, ce qui permit de reprendre le lien avec une artiste appréciée de ces pages.

BlankFor.ms

Auparavant, et après un DJ set dans la lignée electronica-ambient de l’après-midi de Francis Harris (programmateur du lieu), BlankFor.ms s’installa devant sa table, placée au milieu de l’espace principal. Avec un magnétophone à sa main gauche et une mini-table de mixage à sa droite, l’États-unien traita des sonorités issues de ses cassettes, y adjoignant des grésillements, souffles et tapotements. Sa belle ambient alterna des paysages assez lumineux et des moments plus denses quand les « vents électroniques » intervenaient davantage.

Tyler Gilmore put également introduire des accords de piano hésitants, peut-être moins pertinents car trop dépouillés, dans un contexte où, malgré le respect du public (y compris ceux rivés sur leur MacBook, soit une bonne partie des présents), le bruit du bar ne put être occulté. Parfois, un morceau plus fragmenté s’intercalait dans un set où les enchaînements entre morceaux s’avéraient perfectibles, laissant deux ou trois secondes de blanc alors qu’on aurait apprécié une plus grande continuité. Pour terminer, le musicien livra une pièce beaucoup plus enveloppante, avec des nappes au bord de la saturation, bonne conclusion de cette petite heure.

Lucrecia Dalt

Recensée pour son passage aux Siestes Électroniques en 2011, Lucrecia Dalt s’y produisait déjà en après-midi, dans une configuration où elle passait de la guitare à la basse, tout en assurant des vocalises. Cette fois-ci, la formule fut plus statique puisque la Colombienne était assise devant son laptop, un mini-pad, un petit clavier et des machines. Vêtue d’une longue veste rouge sur une robe noire, elle proposa un parlé-chanté ou des bribes vocales traitées, posées sur des boucles mélodiques un peu futuristes aux basses très appuyées. Ses vocalises pouvaient aussi se mêler à des éléments plus perturbés : coups métalliques, matériaux presqu’anxiogènes, semi-larsens. Par la suite, Lucrecia Dalt continua ce dialogue entre éléments parfois acérés (sifflements, ultrasons), fragments vocaux et apports plus mélodiques (enchaînement d’accords, petites boucles). Au total, toutefois, sa prestation ne fut pas complètement convaincante et assurément desservie par le bruit ambiant, plus conséquent que pour le premier set.

François Bousquet
le 03/10/2019

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