du 27/09/2019 au 22/03/2020
Whitney Museum,
New-York
Après avoir vu une exposition en 2007 consacrée aux étapes préparatoires des travaux de Roy Lichtenstein puis une rétrospective en 2013 au Centre Pompidou, place à présent à un focus sur les œuvres papier de l’États-unien, et plus spécifiquement celles inspirées par l’architecture et des motifs ornementaux. Donnée dans le nouveau bâtiment du Whitney Museum (ouvert en 2015, dans le district de Meatpacking, au départ de la High Line, cette promenade plantée du sud-ouest de Manhattan), cette exposition regroupe, un peu comme celle de la Pinacothèque évoquée plus haut, travaux finis et stations préalables, notamment grâce aux dons d’études faits par la Fondation Roy Lichtenstein.
Trouvant sa source aussi bien dans des bâtiments classiques, voire antiques (Temple), que dans des immeubles tout à fait contemporains, le plasticien s’y attache plus spécifiquement aux corniches et entablements. Les lignes droites des enchaînements de pierre préfigurent ainsi les délimitations, façon bandes de strips de comics qu’on retrouve dans quelques peintures abstraites ici exposées, puis dans ses réalisations les plus connues, reproduisant directement des cases de BD. Ôtant systématiquement les textes des frises (aucun nom d’enseigne, ni de bâtiment n’apparaissent), Lichtenstein n’en retient donc que le motif, répété et régulier, marquant par lui-même le rythme du tableau, sans avoir besoin de recourir à des signes plus graphiques.
La juxtaposition des photographies de bâtiments prises par l’artiste et ses créations picturales, permet à l’exposition, curatée par David Crane, de revêtir à la fois un caractère pédagogique et une dimension plus scientifique, d’exploration de la manière de faire de celui qu’on résume trop souvent à ses formes « pop » et aisément reconnaissables. À ce titre, le spectateur peut apprécier la succession de réalisations quasi-identiques, marquées cependant par l’ajout d’un collage à la feuille d’or ou bien de l’addition d’un trait plus marqué. Toutefois, la proposition souffre d’être accrochée dans une sorte de large couloir, desservant les ascenseurs, les sanitaires et des salles de travail, relevant davantage d’un lieu de passage que d’un espace dédié à la monstration d’œuvres d’art. Dénommée avec euphémisme « capsule presentation » par les équipes du Whitney Museum, l’exposition symbolise, en cela, les limites de ce nouveau bâtiment, possédant de larges espaces pour ses propres équipes ou les chercheurs, de belles terrasses, d’une grande boutique et de sympathiques lieux de restauration, mais d’une place un peu contrainte pour la présentation publique des œuvres. Rien d’étonnant à ce constat quand on sait que ce musée a été conçu par Renzo Piano dont le Centre Pompidou essuie régulièrement les mêmes reproches.
le 18/02/2020