Basquiat’s “Defacement” : The Untold Story

 date

du 21/06/2019 au 06/11/2019

 salle

Guggenheim Museum,
New-York

 appréciation
 tags

Andy Warhol / Guggenheim Museum / Jean-Michel Basquiat / Keith Haring

 liens

Guggenheim Museum

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Située au dernier étage du magnifique bâtiment de Frank Lloyd Wright, Basquiat’s “Defacement” : The Untold Story est partie de la peinture The Death of Michael Stewart réalisée en 1983 par l’États-unien. Voulue comme un hommage à ce jeune artiste afro-américain mort à la suite d’une arrestation musclée par la police new-yorkaise aux motifs qu’il effectuait un graffiti, cette peinture permet au Guggenheim Museum de monter une exposition alliant œuvres de Basquiat, témoignages de la (courte) carrière de Michael Stewart et réalisations d’autres plasticiens ayant salué sa mémoire.

Jean-Michel Basquiat - The Death of Michael Stewart
(courtesy Guggenheim Museum)

Placée au mitan d’un parcours constitué de deux salles, The Death of Michael Stewart, pensée comme une sorte de reconstitution de cette arrestation, témoigne d’une immédiateté dans sa confection, provenant du fait qu’elle a été sur un mur du studio de Keith Haring avec cette forme d’urgence dans le trait (policiers un peu cartoonesques, Michael Stewart réduit à une silhouette pleine) et dans la composition (peu de traits et beaucoup de vide). Mais ces caractéristiques (qui permettent, à la rigueur, sur l’amalgame un rien gênant que suscite la présence d’une étoile de David) peuvent également traduire une volonté plus universaliste, Stewart n’étant pas vraiment reconnaissable, permettant alors d’y voir une figure de l’homme noir tabassé et maltraité par des hommes blancs. Au-delà de cette peinture, les préoccupations habituelles de Jean-Michel Basquiat se retrouvent dans les autres œuvres exposées : présence policière envahissante, condition de l’homme noir, violence plus ou moins représentée.

Keith Haring - Michael Stewart—USA for Africa
(courtesy Guggenheim Museum)

Pour sa part, Keith Haring, lorsqu’il a voulu traiter le même sujet (Michael Stewart—USA for Africa), s’est fait nettement plus signifiant avec la présence du personnage de Michael Stewart, nu, aux mains menottées et au cou étiré par la matraque policière, pendant que ses traditionnels petits personnages à tête ronde se masquent les yeux. À côté de ces créations picturales, un fonds documentaire est donc présenté : articles de journaux relatant le décès de Stewart (« The Man Nobody Killed » titra l’un d’eux), flyer invitant à une soirée aux bénéfices reversés à la famille (avec Madonna en concert), appels à manifestation, programmes d’expositions dans lesquelles Stewart apparaissait, etc… À la frontière entre ces deux pôles de la présentation du Guggenheim, Andy Warhol a sérigraphié une page du New York Daily News, mettant en exergue l’encart relativement petit consacré au décès de Stewart.

François Bousquet
le 04/10/2019

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