David Kollar & Arve Henriksen / Nebula Machina

 date du concert

09/10/2019

 salle

Sunside,
Paris

 tags

Arve Henriksen / Sunside

 liens

Arve Henriksen
Sunside

 dans la même rubrique
05/02/2026
Rémanence / Galène
(Le Bal)
05/12/2025
Ryoji Ikeda : Ultratonics
(Philharmonie de Paris)
20/11/2025
Eli Keszler / Tatiana Paris
(Dynamo)

Label actif depuis 18 ans, dédié au jazz et autres musiques improvisées et contemporaines, Hevhetia organise également un festival. S’exportant, celui-ci en vient à faire escale à Paris, pour quelques jours, dont une soirée au Sunside, pour présenter deux projets aux disques publiés sur la structure slovaque et démontrant bien la large palette de cette dernière.

Nebula Machina

Pour débuter, le trio Nebula Machina prit place et lança un premier titre dans lequel trompette et clarinette contrebasse travaillaient sur leurs souffles détimbrés, tandis que la contrebasse tenait ses notes à l’archet. Avec, par la suite, des aspects plus riches et un jeu plus fourni des trois musiciens (déliés très free des instruments à vent, jeu aux doigts et en faisant vibrer le poignet de la contrebassiste), ce schéma fut réitéré pour les séquences ultérieures. Ugo Boscain et Jérôme Fouquet tapotèrent, par exemple, sur les clés de leurs instruments, tandis que Leila Soldevila faisait de même avec la caisse de sa contrebasse, avant qu’un solo de cette dernière permit de faire le passage entre les deux mouvements. Plus loin, ce fut un début en couinements de la trompette de Fouquet, à peine timbrée, qui répondit à des interventions sporadiques de la clarinette de Boscain. Parfois, la contrebassiste livrait une sorte de grondement sourd alors que ses partenaires s’adonnaient à des concours plus brefs, presque jetés. À cheval entre jazz et forme improvisée ou expérimentale, l’ensemble, quoiqu’un peu long (soixante-quinze minutes), se montra assez intéressant.

Une partie du public avait été renouvelée quand commença, vers 22h, le second set, œuvre d’un duo ayant fait paraître un album en juillet 2018 sur Hevhetia : David Kollar à la guitare électrique et au laptop, et Arve Henriksen aux trompettes et électronique. Très attachées à la figure du Norvégien, ces pages peuvent le suivre aussi bien pour ses travaux solo que ses participations à Supersilent ou à d’autres formations moins régulières, ou encore ses collaborations à des disques d’autres musiciens. Dix ans après une escale au Duc des Lombards, c’est dans un autre club de jazz de la même rue qu’on retrouvait l’intéressé, pour un format assez voisin : à l’époque, il était accompagné d’Helge Sten (guitare, clavier et machines) alors que, cette fois-ci, c’est pour un véritable duo. Véritable car l’interaction entre David Kollar et lui fut prégnante, tant les morceaux furent marqués par une belle capacité à se relayer et à accueillir l’autre, faisant alterner moments aériens et passages nettement plus telluriques et denses.

David Kollar & Arve Henriksen

Pour la première catégorie, Arve Henriksen utilisait un micro doté de réverbération, livrait des envolées de trompette, samplait son chant en voix de tête pendant que le guitariste slovaque s’armait d’un e-bow ou pinçait les accords de sa guitare traitée par delay. S’agissant des temps plus nerveux, la six-cordes se parait de saturation, ses accords étaient grattés ou bien David Kollar se concentrait sur les notes les plus graves jouées au pouce ou au médiator. Plus encore, une séquence très free se fit jour en fin de set, avec une guitare en tapping quasi-métal et une trompette expérimentale ; de plus en plus fort, comme pour tester la résistance du public, ce morceau se conclut en revenant à des rivages plus accessibles, par la grâce de la chaleur du jeu d’Arve Henriksen et des arpèges de David Kollar.

Alors qu’on remarquait qu’au total, le premier nommé passait presque davantage de temps à triturer ses machines, à rajouter des crépitements et à jongler entre les trois micros à sa disposition qu’à véritablement jouer de la trompette, le second explorait une large palette d’adjuvants (baguette, archet, kalimba). Pour ajouter encore une piste musicale supplémentaire, les musiciens invitèrent Erik Truffaz, présent dans la salle, à les rejoindre pour leur rappel. Immédiatement intégré au duo, le trompettiste français permit de confirmer la pertinence du set, en apportant une contribution tantôt liée et mélodique, tantôt plus fragmentée et expérimentale.

François Bousquet
le 14/10/2019

À lire également

Arve Henriksen & Harmen Fraanje
Touch Of Time
(ECM)
05/02/2008
Sons d’Hiver 2008 : (…)
(Espace Jean Vilar)
Food
Mercurial Balm
(ECM)
Arve Henriksen
Towards Language
(Rune Grammofon)