Kjetil Mulelid Trio

 date du concert

27/10/2019

 salle

Maison de Norvège,
Paris

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Kjetil Mulelid Trio
Kjetil Mulelid

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Familier de la Maison de Norvège, le Kjetil Mulelid Trio y était venu avant même de publier des disques et, depuis qu’il est signé sur Rune Grammofon, s’y arrête dans les mois suivant la parution de leurs albums. Dans la foulée du très bon What You Thought Was Home, c’est donc dans le bâtiment de la Cité Universitaire, en clôture de la neuvième édition du festival Jazz à la Cité, qu’on retrouve la formation de Trondheim, dans une salle qui affichait complet, à deux ou trois sièges près.

Tous trois joués en « acoustique », sans être repiqués par des micros, les instruments du trio étaient donnés en direct, sans interférence, ni truchement, ce qui permit notamment d’apprécier, tout au long de l’heure et quart de concert, tout le travail fait à la batterie. De fait, alors qu’Andreas Skår Winther n’était pas disponible, c’est Simon Olderskog Albertsen qui officiait ce soir, sans même avoir répété avec les deux autres musiciens, mais tout à fait capable de s’intégrer, en habitué qu’il est de jouer avec Kjetil André Mulelid au sein de Wako. Passant d’interventions aux frontières du free-jazz à des attaques plus suaves de ses toms et cymbales, le batteur releva cette forme de défi et ne dépara donc pas, aux côtés du contrebassiste et du pianiste.

Attaché à mettre en place des thèmes fortement mélodique, ce dernier put ainsi alterner morceaux plus lents et profonds (Tales, avec ses instruments chromatiques à nu pendant plusieurs mesures, et sa main gauche au piano lancinante) et titres dans lesquels l’air était plus léger : Bruremarsj et son allure joliment nuptiale, When Winter Turns Into Spring et sa mélodie répétée, enlevée et primesautière, quasi-sautillante, soutenue par des éléments percussifs métalliques (cymbalettes, frappes sur les têtes de cymbales et de charleston, grelots) et par la contrebasse aux notes piquées d’un Bjørn Marius Hegge physiquement très affuté.

Fredonnant toujours un peu quand il improvisait, Kjetil André Mulelid redoublait alors son travail par ses interventions vocales et se réserva même un morceau de piano solo, laissant ses camarades (qui n’eurent pas vraiment d’ouverture solitaire à faire valoir, pour le coup) s’asseoir à l’arrière, un verre d’eau à la main. Si le rappel s’avéra un peu long et moins pertinent que le reste du set (aucune mélodie vraiment marquante, ni inflexions un peu différentes), on préféra retenir les morceaux évoqués plus haut ou bien What You Thought Was Home et sa longue introduction dans laquelle la batterie s’affubla de maracas, grelots et wood-blocks, tandis que la contrebasse et le piano agissaient en cordes étouffées, témoignages de la variété du jeu de ce trio attachant.

François Bousquet
le 31/10/2019

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