Festival Soy #17 : Soho Rezanejad / Sarah Davachi

 date du concert

02/11/2019

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 tags

Festival Soy #17 / Lieu Unique / Sarah Davachi

 liens

Lieu Unique
Festival Soy #17
Sarah Davachi

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Le concert de Mary Lattimore ayant duré un peu plus longtemps qu’imaginé, c’est sans traîner qu’on rejoignit le Lieu Unique et qu’on monta à son Salon de Musique pour assister à la suite d’un après-midi très féminin avec, pour débuter, la seule artiste qu’on ne connaissait pas avant de se rendre à cette dix-septième édition du festival Soy.

Face à une assistance assise sur des chaises pliantes, Soho Rezanejad débuta en lançant un stroboscope et une machine à fumée, puis fit deux fois le tour de la salle pieds nus, soit la construction d’une mise en scène qui se poursuivit pendant le set, du fait de la configuration scénique, avec ses deux micros aux deux extrémités du plateau. La Dano-Étatsunienne y chanta alternativement, marchant de l’un à l’autre à chaque phrase ou presque, en soutien d’instrumentaux dark-wave arythmique avec ululements, mini-explosions et accords enveloppants provenant de son ordinateur.

Soho Rezanejad

Ce dispositif permit assurément de pallier l’absence d’instruments sur scène, mais pas de se situer à la limite de la pose, surtout quand Soho Rezanejad en rajoutait dans son rôle de diva froide (et que je reste impavide, et que je me passe lentement la main dans mes cheveux, et que je mets la main sur la poitrine avec un air pénétré, et que je tends les bras vers l’avant de manière implorante, etc…). Pour terminer, la jeune femme offrit un peu plus de chaleur et moins de morgue, quand une guitare acoustique entra et qu’elle se saisit d’un micro pour aller s’asseoir sur une chaise au milieu de la scène, puis au sein du public pour chanter vraiment. Ainsi se terminèrent ces trois-quarts d’heure davantage proche de la performance que d’un véritable concert.

Place ensuite à Sarah Davachi, pour une prestation dans la lignée de celle vue à Présences Électronique en mars dernier, soit des plages ondoyantes, flirtant avec le larsen mais aussi avec une certaine luminosité. Poussant délicatement les tranches de sa petite table de mixage, tournant doucement ses potentiomètres, la Canadienne livra un set ambient dans lequel les nappes frottaient parfois l’une contre l’autre, non loin d’une certaine disharmonie. Capable d’introduire quelques éléments un peu plus mélodiques (une note tenue ici, un accord là, des notes éparses de guitare plus loin), la musicienne privilégiait, néanmoins, une ambient très homogène, faite de micro-variations et avançant plutôt d’un seul bloc.

Sarah Davachi

Pour son dernier morceau, Sarah Davachi introduisit toutefois des notes de basse assez rebondies, emplissant progressivement l’espace sonore jusqu’à être seules pour terminer, de manière moins compacte, le set qui, pendant cinquante minutes, berça le public dans un ensemble tout à fait conforme à notre souvenir. Il nous restait ensuite à rejoindre le bar du Lieu Unique, pour assister à l’énergique concert indie-pop des Montréalais de Corridor, et à dire adieu au festival Soy, avec autant de (bons) souvenirs que de regrets quant à la disparition d’une manifestation d’aussi bonne tenue.

François Bousquet
le 07/11/2019

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