Week-end Islande : Hugar / Ólafur Arnalds

 date du concert

10/11/2019

 salle

Philharmonie de Paris,
Paris

 tags

Ólafur Arnalds / Philharmonie de Paris

 liens

Ólafur Arnalds
Philharmonie de Paris

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Le temps de manger un petit quelque chose et nous reprîmes le cours de ce dimanche islandais, dans la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie, cette fois-ci, pour deux sets instrumentaux. Avant de retrouver Ólafur Arnalds qui avait drainé les foules (la date était complète plusieurs semaines à l’avance, bien que la jauge était supérieure à 2 000 personnes), Hugar était chargé, comme sur toute la tournée de l’Islandais, d’ouvrir les débats.

Hugar

Avec sa guitare électrique jouée à l’e-bow ou grattée, Pétur Jónsson dialoguait avec le clavier ou le trombone de Bergur Þórisson, tandis que des rythmiques programmées étaient envoyées pour les accompagner, le tout dans une atmosphère assez cotonneuse, au rendu sonore impeccable, porté par la très bonne acoustique de la salle. Sympathiques (leurs interventions entre les morceaux firent régulièrement sourire le public) et aptes à sortir de sentiers trop battus de certains de leurs titres, les membres d’Hugar présentèrent leurs compositions pendant une demi-heure. Il faut bien avouer, toutefois, que quelques-unes d’entre elles ressemblaient assez fortement à ce qu’une formation islandaise très connue, active depuis vingt ans, tête de pont d’un post-rock un peu contemplatif et parfois accompagné de cordes, peut proposer.

Positionnés à côtés de tubes verticaux de néons tantôt blancs, rosés ou rouges, et se produisant devant des vidéos de formes évolutives, façon test de Rorschach ou cercles vibrants, Jónsson et Þórisson, déjà venus à Paris en 2013 pour servir de backing band à Ólafur Arnalds, n’étiraient peut être pas suffisamment sur la durée leurs morceaux, suscitant un peu de frustration en faisant s’arrêter leurs titres au moment où l’intensité arrivait. Par suite, quelques-uns d’entre eux restèrent légèrement anecdotiques, à l’instar du rappel où ils se trouvaient face à face, tous deux au clavier, musique de film qui ne décolla pas vraiment. Pour autant, leur set constitua un avant-goût cohérent avec ce qui suivit.

L’entracte passé, l’espace scénique était prêt à accueillir celui qui attire donc toujours de plus en plus de monde, à l’image d’autres musiciens opérant entre néo-classique et apports électroniques (Nils Frahm ou Max Richter, par exemple). Dans la foulée de Re:member, publié il y a un plus d’un an et pour lequel Ólafur Arnalds tourne toujours, donc, le set de l’Islandais se composa pour moitié de morceaux issus de ce récent (et bien bon) album. C’est ainsi que la plupart des morceaux « accrocheurs » de son concert furent issus de ce long-format, titres aux mélodies affirmées, dotés d’un vrai travail rythmique, d’une recherche d’émotion grâce au quatuor à cordes et d’une belle cadence (Re:member avec entrée progressive de la rythmique électronique et de la batterie de Christian Tschuggnall, Undir ou Ekki Hugsa). Alternant ces morceaux emballants avec des titres dans lesquels il était quasiment en solo au piano, tout juste accompagné de cordes, Arnalds avait su intelligemment construire sa setlist.

Ólafur Arnalds

Reprenant certains des procédés qui nous avaient charmés il y a six ans (participation du public, invité à chanter une note tenue, pour créer un tapis sonore, interventions fort agréables entre les morceaux, racontant leur genèse par une anecdote), l’Islandais bénéficiait également d’un travail lumineux très étudié et particulièrement au point : clignotements, rampe de spots en front de scène façon stroboscopes, chenillards, faisceaux se croisant, éclairage progressif des musiciens au fur et à mesure de leurs entrées dans les morceaux, etc… Musicalement, l’interaction entre piano et électronique nous sembla bien plus au point qu’il y a six ans, aidé aussi par de nouveaux outils, tels ces deux pianos droits automatiques, placés en fond de scène et commandés par le piano à queue duquel Ólafur Arnalds jouait le plus souvent. Déployant son heure et demie avec une très belle amplitude et une réelle sincérité, ce dernier sut donc, alors que nous nous rendions sans réelle attente à son concert, nous convaincre pleinement.

François Bousquet
le 13/11/2019

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