03/12/2019
Maison de Norvège,
Paris
Un mois presque jour pour jour après avoir ouvert la soirée Hubro à la Dynamo, l’Erlend Apneseth Trio était déjà de retour, pour un concert donné à l’heure de l’apéritif à la Maison de Norvège de la Cité Internationale Universitaire de Paris. Alors que le plateau-anniversaire avait attiré un public assez conséquent, nous n’étions qu’une douzaine sur les chaises de la salle de la résidence étudiante, pour assister à une prestation naturellement assez voisine de celle de début novembre mais, autant le reconnaître immédiatement, moins convaincante.
L’enchaînement des morceaux, pendant les quarante-cinq minutes du set, permit à la fois de donner une impression de continuité et de voyage en terre norvégienne, et à l’Erlend Apneseth Trio de soigner les transitions, avec, sous ce rapport, un gros travail de la batterie, chargée de meubler ces instants interstitiels. Avec ses nombreux adjuvants (bol, clochettes, grelots, maracas) et ses nombreux ustensiles de frappe (baguettes toutes fines, balais resserrés, mailloches, archet, baguettes), Øyvind Hegg-Lunde pouvait ainsi offrir une palette très large, mais son jeu sembla toutefois plus sec, voire plus appuyé que le mois dernier. En parallèle, Erlend Apneseth passait d’un instrument à l’autre, avec ses trois hardangers et violons, en jouant alternativement à l’archet ou bien aux doigts, son instrument posé sur ses genoux à la manière d’un guitariste classique.
Travaillant moins sur la superposition des phrases chromatiques, le violoniste nous parut également livrer moins de séquences mélodiques, préférant une approche plus atmosphérique, comptant sur la singularité intrinsèque de ses instruments et l’aspect mi-contemporain, mi-folklorique de l’alliance des trois personnalités. Très discret, Stephan Meidell complétait donc le trio, avec des interventions de guitare acoustique à peine audibles, celle-ci se faisant davantage présente par quelques effets quasi-percussifs (le poing tapé sur la caisse pour créer une rythmique, un petit ventilateur utilisé pour générer un trémolo) tandis que le musicien lançait aussi quelque samples, seuls véritables apports électroniques de la prestation. Si la qualité propre des morceaux joués n’était pas en cause, ils parurent comme étriqués, ne recouvrant pas la belle ampleur constatée début novembre (il est cependant possible que la configuration de la salle s’y prêtait moins). Pour autant, le passage d’un groupe de cette scène norvégienne jazz-improvisée demeure un rendez-vous auquel on sera fidèle.
le 07/12/2019