(Morr Music / Bigwax Distribution)
18/10/2019
Electronique

Ayant signé leur retour par l’excellent Glass Bird Movement, paru il y a trois ans, les Anglais d’Isan étaient restés assez discrets depuis. En cet automne 2019, ils reviennent avec un nouveau long-format, mais aussi des concerts en France (ils sont récemment passés à Limoges et Dijon, et seront à Poitiers en janvier), et reprennent donc leur rythme habituel de trois ou quatre ans entre deux séquences d’actualité discographique et scénique. Restés, donc, sur le très bon souvenir du précédent album, nous pouvions cependant redouter une certaine difficulté à rester aussi haut que ne l’est le duo sur l’échelle de l’electronica tendre et mélodique.
En toute hypothèse, les Britanniques savent toujours aussi bien mettre en place des atmosphères accueillantes, parcourues par des composantes assez minimales et joliment cotonneuses. Possiblement moins mélodiquement affirmé que certains de ses prédécesseurs, Lamenting Machine se fait également peu marqué au niveau rythmique, privilégiant, par conséquent, une approche globale passant par la mise en place d’une atmosphère soignée et raffinée. Assurément de bon niveau, le premier tiers des morceaux interprétés par Antony Ryan et Robin Saville laisse ainsi un peu sur sa faim, comme si le duo en conservait sous le pied, opérant un rien en roue libre.
Puis arrivent des pistes comme Ichthyosaur, avec sa pulsation souterraine et sa montée en puissance progressive, Strix Aluco et les consonances aquatiques de ses rythmiques, Ephemeroptera et ses notes perlées ou encore Calliscope et son battement régulier façon coup de fouet électronique. Confirmations de l’impeccable savoir-faire et de l’impressionnante maîtrise technique d’Isan, ces morceaux dessinent, quand on appréhende l’album avec un pas de recul, une architecture très pensée, conduisant l’auditeur à pénétrer le disque au fur et à mesure, à se familiariser avec le registre pratiqué tout d’abord, avant de le travailler ensuite. Manière de revenir au point de départ, Lamenting Machine se clôture par le morceau-titre, aux reliefs assez traditionnels pour Isan, mais qui s’inscrit donc dans une forme de logique de boucle et referme un disque moins commun que ce que son début pouvait laisser supposer.
le 10/12/2019