(Hallow Ground / Import)
25/10/2019
Electronique

Musicienne attaché à un minimalisme assez travaillé, dans la lignée de compositeurs avant-gardistes, Maria W Horn semble, au début de l’écoute d’Epistasis, se concentrer sur son clavier solo, tournant autour de la répétition des mêmes notes, séquence jouée de plus en plus rapidement, entre musique sérielle et approche concrète. Quelques bruissements électroniques affleurent au loin, au long de dix premières minutes qui laissent donc augurer un positionnement peut-être un peu lassant sur la durée d’un album, ici publié en vinyle et format digital. Cette légère crainte se trouve renforcée par la lecture de la liste des morceaux qui, après cet Interlocked Cycles I, annonce un Interlocked Cycles II pour finir, soit le risque de retrouver un schéma identique en clôture de disque.
Puis arrive le morceau-titre, à l’instrumentation plus fournie puisque neuf musiciens sont invités à opérer aux côtés de la Suédoise : deux violons, un alto, deux violoncelles, deux guitares électriques et deux orgues. Et alors qu’on aurait pu redouter une surcharge résultant de cette abondance de moyens, le propos reste mesuré bien qu’en souterrain, les traits de guitares peuvent s’apparenter à des éclairs ou à des cris lacérant l’espace. Positionnement un peu intermédiaire avec Konvektion puisque deux organistes y superposent leurs interventions, dans une perspective diatonique dans laquelle les notes frottent les unes contre les autres, sans que l’harmonie soit nécessairement recherchée même si elle advient progressivement.
On est alors tout disposé à retrouver Interlocked Cycles II qui, effectivement, reprend le motif des notes répétées de clavier mais enrobées, cette fois-ci, de nappes et traitements plus consistants, manière de tirer bénéfice des deux morceaux intercalés entre ces deux volets. Capitalisation d’autant plus réussie que les portions réitérées finissent également par s’éloigner un peu, déviant vers quelque chose de moins répétitif, accueillant des phrases mélodiques autres, comme une forme de condensé d’un album certainement moins ascétique que ses premiers instants pourraient le laisser penser.
le 18/12/2019