Léonore Confino
Côme de Bellescize
du 06/09/2019 au 31/12/2019
Théâtre du Petit Saint-Martin,
Paris
Difficile de recenser Les Beaux, pièce de Léonore Confino, sans en révéler un ressort dramaturgique qui se dévoile au bout d’une quinzaine de minutes pendant lesquelles on assiste au retour du travail d’un cadre très attentionné envers son épouse, échangeant platitudes et mamours. En effet, ces deux trentenaires s’avèrent les poupées Barbie et Ken, manipulées par une petite fille de 7 ans qui recrée les échanges entre ses parents, mais largement enjolivés, bien loin des éclats de voix que nous découvrons par la suite.
Ce prologue assez malin passé, on se retrouve donc face au tumulte, face à l’usure du couple et face aux difficultés liées à la présence de cet enfant mutique, prostrée dans sa chambre, à jouer avec ses poupées. Interprétée brillamment par Élodie Navarre et Emmanuel Noblet, la pièce ne compte que ces deux comédiens, jouant donc tour à tour les poupées et les êtres humains, la petite fille restant en permanence hors champ. Les reproches et regrets, nés de la dizaine d’années d’existence de ce couple, vont alors être envoyés à la figure par chacun d’eux, montant en tension, avant d’exploser (et, littéralement, d’exploser le décor).
Tandis que la mise en abyme initiale trouvera un écho dans la résolution finale de cette soirée, on est donc frappé par l’abattage des deux comédiens et leur capacité à passer d’un registre à l’autre, bien employés par la mise en scène énergique de Côme de Bellescize. Peut-être un peu forcée, ou attendue, par endroits, la description du couple parisien demeure pourtant globalement bien sentie et suffisamment astucieuse pour être signalée.
le 13/12/2019