A Winged Victory For The Sullen

The Undivided Five

(Ninja Tune / PIAS)

 date de sortie

01/11/2019

 genre

Classique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 tags

A Winged Victory For The Sullen / Adam Wiltzie / Dustin O’Halloran / Néo-Classique / Ninja Tune

 liens

Dustin O’Halloran
A Winged Victory For The Sullen
Adam Wiltzie
Ninja Tune

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Au moment de se lancer dans la recension du nouvel album d’A Winged Victory For The Sullen, c’est un peu de circonspection qui nous habite, eu égard à notre fraîche réception de leur dernier effort. Et, à nouveau, même en essayant de mettre de côté toute mauvaise foi, difficile de ne pas relever ce qui ne fonctionne pas dans ce nouvel album (ou plutôt, ce qui « fonctionne » trop bien, au sens fabriqué du terme).

En premier lieu, l’arrivée du duo sur Ninja Tune semble charrier tellement d’arrière-pensées de part et d’autre : volonté du groupe de ne pas être noyé dans la masse des musiciens et formations néo-classiques d’Erased Tapes, leur précédent label, et volonté de Ninja Tune de se doter d’un vernis plus noble en accueillant un groupe réputé et apprécié au-delà de la sphère musicale traditionnelle de la structure anglaise. Ensuite, les interprètes sont tellement nombreux qu’ils ne sont même plus cités dans les notes de pochette, laissant juste place à des crédits pour le chef d’orchestre et celui qui a fait l’interface entre A Winged Victory For The Sullen et l’orchestre hongrois ; pas de place pour la piétaille qui a œuvré aux cordes. L’orchestration, en tant que telle, est, à présent, assurée par cinq personnes (trois en plus d’Adam Wiltzie et Dustin O’Halloran), accréditant l’impression d’être en face d’une petite entreprise.

Arrêtons-nous là pour nous attacher quand même à la musique et constater une forme de paresse dans les compositions du duo qui, s’il a mis de côté ses habituelles recherches rapides d’émotion avec ses morceaux courts, n’a pas trouvé, à la place, d’autre martingale. De fait, les titres s’enchaînent, ni honteux, ni déplaisants, mais coulant sans aspérité, ni apports autres. Les cordes sont très majoritaires, comme les nappes de synthé qui les enrobent ; à tel point qu’on en vient à attendre, avec impatience, l’introduction d’un véritable piano (The Haunted Victorian Pencil et Keep It Dark, Deutschland, hommage d’O’Halloran au pays qu’il a quitté, pour s’installer en Islande), qui peut conférer un peu de vie et de contours moins homogènes à un ensemble beaucoup trop uniforme.

Relevons également les petites gouttelettes qui parcourent The Rhythm Of A Dividing Pair, ou, dans le dernier tiers d’Adios, Florida, de rares perturbations mélodiques, façon mini-boucles, mais bien vite recouvertes par des cordes poseuses dans leur profondeur affectée. Précisément, c’est bien cette dimension cérémonieuse, très consciente de sa solennité et de l’effet produit (« on fait du classique, mais un peu détourné »), qui finirait presque par nous affliger.

François Bousquet
le 01/01/2020

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