(Kranky / Differ-ant)
08/11/2019
Rock

Ambient / Folk / Kranky / Pan•American
La recension du concert donné l’an passé au Festival BBMix en avait donné un avant-goût : Mark Nelson est en train d’opter pour un positionnement plus folk et doux, mettant de côté rythmiques et batterie. À nouveau seul aux commandes de Pan•American, le musicien de Chicago confirme, sur A Son, ces choix stylistiques le conduisant également à chanter sur quelques morceaux, dans un registre très intimiste, avec une volonté de se placer au plus près de l’auditeur : voix chaleureuse et très en proximité, arrangements non tapageurs, impression de délicatesse de l’ensemble.
Superposant les lignes de six-cordes (une pour les arpèges de base, une autre pour quelques divagations réverbérées ou des interventions saturées et lointaines), Mark Nelson livre donc quarante minutes d’ambient-folk sachant également dériver vers des sillons proches d’un post-rock alangui (le bien nommé Sleepwalk Guitars, Shenandoah). Touchantes, voire très émouvantes (Brewthru), les compositions de l’États-Unien savent parer ses guitares de quelques adjonctions discrètes mais signifiantes (les clochettes de Dark Birds Empty Fields), au risque cependant de verser dans un certain sentimentalisme et des lignes mélodiques un rien trop tire-larmes (ce même Dark Birds Empty Fields, dont le thème musical semble presqu’échappé d’une ballade de Dire Straits).
Son chant se marie donc impeccablement à l’instrumentation et sait ne pas se faire présent tout au long des morceaux, surtout quand ceux-ci s’étirent sur près de sept minutes. Confortant ainsi le sentiment de discrétion du propos général, Mark Nelson peut également varier le ton, en offrant un court titre uniquement fait de guitares très métalliques, façon americana psyché (Kept Quiet). Toutefois, c’est assurément dans les moments où il chante, avec deux guitares empilées, dont une parée de saturation, qu’il se fait le meilleur (Muriel Spark).
le 09/01/2020