(Planet Mu / La Baleine)
25/10/2019
Electronique

Après un premier effort, non recensé ici, publié sur Objects Limited (cette division de Planet Mu dédiée aux projets féminins ou non-binaires et menée par la jeune femme elle-même), Lara Rix-Martin se retrouve sur la structure mère pour son second album. Sans rien connaître de son travail, et avec toujours en tête les a priori envers le label de Mike Paradinas, on s’attendait à quelque chose d’assez syncopé et appuyé. Or, c’est une proposition ambient presqu’arythmique que livre ici Meemo Comma, très porté sur l’onirisme et la captation de sons issus de la forêt. Cette orientation aurait, d’ailleurs, pu se deviner à la seule vue de la pochette et à la seule lecture de quelques intitulés de morceaux (Night Rain, Winter Sun, Lichen, etc…).
Les bruissements, mini-croassements et grincements côtoient ainsi des recréations électroniques du réel, des petits souffles qui, intelligemment utilisés, donnent un semblant d’impression rythmique. Alors qu’elles n’ont qu’un rapport un peu lointain avec ce champ lexical, des vagues synthétiques sont naturellement introduites sur un morceau (Psithur), lieu commun des disques d’ambient jouant sur l’appariement avec la nature.
Quelques petites touches semi-aquatiques, semi-métalliques, peuvent également agrémenter certains titres, venant apporter davantage de corps à un ensemble qui aurait pu, sans cela, rester trop en surface et impressionniste (Amethyst Deceiver). Combinant aspect pulsatif et caractéristiques chromatiques, les éléments de Lichen viennent conférer une luminosité supplémentaire à l’album, renforçant, par ce biais, les dimensions illustratives (dans le bon sens du terme) du propos. À l’autre bout du spectre, ce sont des samples de cordes, plus profonds, voire sombres, qui tapissent le morceau-titre. Le voyage est donc suffisamment varié et chatoyant pour captiver de bout en bout, révélant une personnalité intéressante.
le 10/01/2020