(n5MD / Import)
15/11/2019
Electronique

Opérant enfin en solo, après plusieurs disques en compagnie de son célèbre mari Keith Kenniff (Helios, Goldmund) au sein du duo Mint Julep, Hollie Kenniff en profite pour affirmer plus fermement sa vocation ambient. De fait, c’est sans les guitares ou le clavier qui ornent les travaux de son époux ou ceux de leur collaboration, mais avec ses propres vocalises, que l’États-Unienne confectionne ce premier album qui, au surplus, sort sur n5MD, soit un label que son conjoint ne pratique pas, histoire de marquer encore sa différenciation.
Assez simple dans sa construction, The Gathering Dawn entend mêler les nappes de synthé et les ululements d’Hollie Kenniff, dans une atmosphère que l’auditeur pourra, à loisir, trouver assez glacée et évanescente ou bien réconfortante et enveloppante. Avec ce canevas assez traditionnel, l’album déroule ses neuf morceaux sans véritable singularisation d’un titre à l’autre. Quelques oscillations et quasi-rythmiques un peu sourdes peuvent toutefois venir agrémenter un morceau et rompre un peu l’enchaînement très homogène de l’album (So Good And Wild). Assez bienvenu, même s’il ne faut pas trop survendre sa spécificité par rapport au reste de l’album, ce titre trouve un écho un peu plus loin, quand une basse profonde vient pulser à l’arrière-plan de Nearly Every Day.
La permanence des vocalises et des empilements de nappes crée néanmoins une constance qui aurait gagné à être davantage bousculée ou bien qu’on apprécierait certainement davantage en format scénique, afin de se laisser bercer par le propos de la musicienne. Heureusement, la quarantaine de minutes se clôt avec une tonalité un peu différente puisque le dernier morceau laisse apparaître des accords grattés de guitare dotés de delay, puis de saturation, et accompagnés de quelques notes isolées de clavier (Always Elsewhere). Comme on l’indique souvent en pareil cas : voici assurément une piste à creuser pour l’avenir !
le 13/01/2020