Tim Linghaus

We Were Young When You Left Home

(Schole / Import)

 date de sortie

22/11/2019

 genre

Electronique

 style

Electro / Néo-Classique

 appréciation

 tags

Electro / Néo-Classique / Schole / Tim Linghaus

 liens

Schole

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Après deux disques opérant dans une forme néo-classique assez soyeuse, Tim Linghaus poursuit son travail autour du piano et son rythme assez soutenu de publication. De fait, c’est moins d’un an après About B. (Memory Sketches B-Sides Recordings) que l’Allemand revient, avec un nouveau long-format constitué sur le même schéma formel (de nombreux titres - seize ici - pour une durée tout juste supérieure à la demi-heure) mais qui, musicalement, évolue puisque le jeune homme accueille synthétiseurs et voix.

Si les secondes ne trouvent pas nécessairement grâce à nos oreilles (trop souvent dotées de filtres ou auto-tune, elles rendent quasi-inintelligibles les paroles prononcées), il faut reconnaître à Tim Linghaus sa capacité à se remettre en question. Et, précisément, quand il accepte de chanter en direct, il touche à une véritable grâce et provoque une belle émotion, dans son dialogue voix-piano (Monsters). Lorsqu’il invite une voix féminine à ses côtés, en revanche, il verse dans une certaine facilité (Missing Every Particle Of You) dont on le sait pourtant capable de s’éloigner quand vient le temps d’une orchestration plus travaillée (Audrey In Outer Space With Superpowers).

Instrumentalement, quelques éclats de batterie assez bienvenus peuvent se faire jour (Dads_Ghosts), relayant des formes de peur que convoquent, en vérité, tout le disque, attaché aux réactions des enfants face au divorce de leurs parents (les intitulés sont, à cet égard, assez parlants). Comme sur ses disques passés, le titre le plus long (le caudal Flashlight Signals Into An Open Field et ses quatre minutes et trente secondes) est probablement le plus intéressant, avec sa progressivité, son charme et ses allers et retours orchestraux (piano et guitare un peu cotonneux au début, temps de silence au milieu et guitare en arpèges à la fin). On préfèrera assurément ces interventions à celle d’un saxophone, très 80’s (la fin d’Hearse Park, Hurricane Park). De même, on laissera de côté les morceaux émollients et presque lounge, du fait de leur toucher de clavier (Sunbeams Caressing Flowers).

En vérité, à vouloir beaucoup essayer et livrer beaucoup de titres, Tim Linghaus s’expose inévitablement à des ratages, et l’auditeur à des déconvenues. Mais, au total, ne vaut-il mieux pas préférer ce type de trajectoire à celle de ceux qui restent bien sagement dans leur couloir de nage ?

François Bousquet
le 31/01/2020

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