Mondkopf / Tomaga / Black To Comm / Tern

 date du concert

13/02/2020

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Black To Comm / Mondkopf / Petit Bain / Valentina Magaletti

 liens

Mondkopf
Black To Comm
Petit Bain

 dans la même rubrique
05/12/2025
Ryoji Ikeda : Ultratonics
(Philharmonie de Paris)
20/11/2025
Eli Keszler / Tatiana Paris
(Dynamo)
19/11/2025
múm
(Trabendo)
15/11/2025
Disiniblud
(Petit Bain)

Toujours très varié, le festival How To Love, rendez-vous du mois de février à Petit Bain, offrait, pour ce jeudi soir pluvieux, une carte blanche à Mondkopf. Le musicien français en a profité pour inviter des musiciens opérant dans un registre assez voisin du sien, entre électronique et psychédélique, assez sombre, pour un plateau tout à fait cohérent, livré face à un public plutôt nombreux et dont les premiers rangs répondaient, par la danse, aux compositions données sur scène.

Tern

À 20h tout juste, Tern s’installa en ouvrant son set par des souffles profonds, des crépitements et des accords tenus, montant joliment en puissance. Mettant en place un beau sentiment d’enveloppement, flirtant parfois avec le larsen, Grégoire Couvert, passé ce premier bon quart d’heure, introduisit des roulements et de sourdes rythmiques pour un propos moins convaincant, trop dense en tout cas pour cette heure de la soirée et ce positionnement en ouverture de plateau. Vêtu d’un simple t-shirt à manches courtes, le Français était assisté de machines et d’un magnétophone à cassettes, pour des empilements de boucles qui, pour ses dix dernières minutes, revinrent à une forme d’arythmie, avec des vocalises masculines en arrière-plan, intelligemment mêlées au reste. Au total, on tenait quand même là quelque chose d’intéressant et à suivre.

Black To Comm

Invité à venir se produire quelques jours seulement avant cette soirée (après l’annulation, un peu tumultueuse, de Rafael Anton Irisarri), Black To Comm s’installa ensuite, casquette vissée sur la tête. Avec le bon souvenir de son concert aux Voûtes en 2015, on s’attendait à une prestation toute aussi prenante mais ce fut une petite déception. Pourtant, grondements, explosions, pulsations lourdes, basses profondes, grosse densité et opacité étaient bien présents pour ce set. De même, une batterie samplée, habile contrepoint de l’électronique, fut convoquée, permettant d’incorporer aussi bien des coups réguliers ou des roulements de caisse claire que des frappes sur une cymbale. Mais les saturations étaient trop poussées, les bruits grésillants trop frontalement opposés aux notes de clavier et les superpositions trop chargées, bien que la densité de la musique de Mark Richter fût assurément impressionnante.

Tomaga

Le plateau libéré, une batterie et d’autres machines furent dévoilées, dispositif en place pour accueillir Tomaga, duo dont le nom ne nous était pas inconnu mais sur lequel nous ne nous étions jamais arrêtés. Leur concert permit de réparer cet impair, tant la musique du groupe mérite d’être vécue en live. Installée derrière sa batterie, Valentina Magaletti alternait balais, mailloches et baguettes tandis que Tom Relleen maniait sa basse en même temps qu’un clavier et des machines. Un vibraphone, posé entre l’Italienne et l’Anglais fut également joué par les deux musiciens en même temps, dans la continuité de la belle concorde dont ils firent montre. Entre krautrock et psyché, leur prestation se distinguait par une batterie souvent syncopée, une basse bien présente et des machines pour enrober le tout. Nonobstant quelques facilités (jeu rapide de la basse sur un morceau) ou raideurs (le jeu aux baguettes de l’Italienne), Tomaga se fit très prenant, presque transcendantal, conduisant certains membres du public à se mouvoir, entre danse et transport exalté. Leurs instrumentaux énergiques se firent aussi captivants musicalement que visuellement, pour ce qui fut certainement la meilleure prestation de la soirée.

Mondkopf

Moins d’un an après l’avoir vu à Villette Sonique, Mondkopf donna, pour sa part, un concert assez similaire à celui du Cabaret Sauvage, accompagné des mêmes beaux visuels vidéos tirés d’un voyage en Islande : cascades, glaciers, volcans, falaises, oiseaux, etc… Musicalement, Paul Régimbeau, habillé d’un simple t-shirt noir, proposa une première moitié de set avec des titres arythmiques, pourvus de nappes et de basses, ponctués de vocalises sur chaque morceau, plus ou moins traitées. Un peu surprenantes quand elles étaient données en voix de tête par le Français, elles devinrent trop attendues à force. Heureusement, le propos se trouva renouvelé par l’introduction de pulsations prononcées, relayées par des effets lumineux stroboscopiques, soit un schéma impeccable alors que minuit approchait.

François Bousquet
le 17/02/2020

À lire également

13/04/2023
Banlieues Bleues 2023 (…)
(Centre National de la (…))
Extreme Precautions
I
(In Paradisum)
06/06/2019
Festival Villette Sonique
(Cabaret Sauvage)
29/06/2008
Siestes Electroniques (…)
(Prairie des Filtres)