(Karlrecords / Import)
24/01/2020
Rock

Les projets en collaboration d’Aidan Baker sont tellement nombreux qu’à l’instar d’autres musiciens très prolifiques, il est compliqué de rendre compte de tous ses travaux, ayant déjà capitulé face aux sorties multiples de ses formations régulières (Nadja, par exemple). C’est ainsi que nous n’avions pas recensé ici le premier album de son duo avec Gareth Davis, alors pourtant que la trajectoire du clarinettiste nous intéresse, pour le suivre quand il intervient avec Oiseaux-Tempête, ou bien en coopération avec d’autres musiciens. La parution, en format vinyle et digital, en début d’année (période plutôt creuse sur le plan discographique), du second volet de ce duo, sobrement intitulé Invisible Cities II, permet de se pencher sur cette alliance entre drone et ambient.
Probablement plus mélodique, voire plus suave, que sur les enregistrements précédemment écoutés auxquels Gareth Davis participait, son jeu de clarinette trouve ici un soutien particulièrement idoine avec les nappes un peu tremblotantes et les textures d’arrière-plan concoctées par son comparse. Il en résulte une première face de disque dans laquelle on se trouve entre une forme de jazz un peu ambient et une approche plus expérimentale (Hidden, Eyes).
Sur le second versant, c’est plutôt la guitare d’Aidan Baker qui donne le ton, avec ses traits saturés et ses interventions déchirant l’air. La clarinette vient, certes, apporter un peu de liant mais, ce qui surnage, ce sont quand même les accents distordus de la six-cordes du Canadien (The Dead) ou bien ses travaux à la pédale et plus lancinants (Continuity). En toute fin de disque, on revient vers des rivages plus apaisés, à peine battus par des sons semblables à de la pluie, tandis que guitare et clarinette agissent par lointains et mélancoliques concours (Names).
le 30/03/2020