(Schole / Import)
31/01/2020
Rock

Comme ils l’avaient fait à l’occasion d’une tournée commune en 2015, Dakota Suite et Quentin Sirjacq ont profité d’une série de concerts conjoints, en 2017, pour enregistrer ce quatrième disque en duo. À la différence de l’excellent Wintersong, il ne s’agit pas, cette fois-ci, de réenregistrer des morceaux déjà présents sur d’anciens albums, mais de livrer onze nouvelles compositions, écrites sur le vif, lors de ce séjour dans un temple japonais. Le témoignage discographique qui en résulte a cette beauté de l’éphémère, et la tristesse qui sourd de la voix de Chris Hooson se fait d’autant plus forte que l’Anglais a récemment annoncé arrêter la musique, n’ayant plus la force émotionnelle « pour interagir avec le monde par ce biais ».
Si les deux musiciens sont les seuls intervenants sur The Indestructibility Of The Already Felled, l’instrumentation ne se limite pas à la seule guitare du Britannique et au seul piano du Français puisque ce dernier manipule également quelques petites percussions (crotales, mokusho, matsumushi) qui apportent des touches plus cristallines, ou des tapotements assez sensibles, à l’ensemble. Dans ce contexte, on trouvera possiblement le piano de Quentin Sirjacq presqu’effacé, se conservant toutefois quelques beaux passages (Kintsugi (金継ぎ)) ou des lignes plus mélodiques (What You Could Not Know).
Laissant place, sur plus de la moitié des titres, aux seuls instruments, la voix de Chris Hooson touche évidemment lorsqu’on la retrouve, avec ce timbre qui nous accompagne depuis une vingtaine d’années et qui, au-delà de son parlé-chanté très émouvant, confirme sa capacité à se faire profonde, plus affirmée, tenant par exemple des notes en fin de phrase (Away). Pourtant, nonobstant toutes les qualités décrites, The Indestructibility Of The Already Felled atteint moins que les précédents disques de Dakota Suite et Quentin Sirjacq, sans qu’on sache bien définir pourquoi, comme si le dernier effort était peut-être déjà une forme de dernier souffle.
le 03/04/2020