(Azure Vista Records / Import)
21/02/2020
Electronique

Sachant mener de front une carrière solo et des projets collaboratifs (ces pages ont relaté ses travaux avec Ulrich Schnauss, Nicklas Sørensen ou au sein de Billow Observatory), Jonas Munk livre régulièrement des albums. Sous son nom propre, il se trouve même, à présent, plus actif que sous le pseudonyme de Manual avec lequel on l’avait découvert il y a une petite vingtaine d’années et qu’il semble avoir laissé de côté. Avec Minimum Resistance (titre en forme d’oxymore, en quelque sorte), le Danois opte pour un positionnement très ambient, toujours réalisé avec ses guitares électriques, cantonnées ici à des nappes.
En effet, Jonas Munk remise les traits mélodiques, envolées lyriques et superpositions quasi-vertigineuses qu’il affectionne habituellement (parfois un peu ad nauseam) pour un propos nettement plus ramassé, concentré sur des aplats musicaux en fade in et fade out. Nécessitant de bien tendre l’oreille pour en percevoir les subtilités, ce dispositif pourrait alors se faire trop homogène, voire assez répétitif. De fait, il l’est plutôt, mais sait également prévoir quelques petites différenciations et traitements quand, par exemple, certaines nappes sonnent telles des vocalises féminines (Eastern Horizon).
Pour le reste, c’est donc une suite de morceaux durant entre quatre et cinq minutes, dans lesquels le Danois joue sur le potentiomètre de sa six-cordes, dans une veine assez émouvante et touchante, mais sans guère de surprise ou de véritable prise de risque, à la fois par rapport à ce qu’il se fait déjà dans ce registre et par rapport à ce que l’intéressé sait faire.
le 14/04/2020