(Morr Music / Bigwax Distribution)
21/02/2020
Electronique

Saisi d’un retour de flamme electronica-ambient, Morr Music enchaîne les sorties dans ces registres musicaux. De fait, après Isan et Benoit Pioulard, et avant Slow Reels (nouvelle formation, regroupant Ian Hawgood et James Murray), le label berlinois propose le nouvel album de Robin Saville qui, quelques mois seulement après un long-format d’Isan, propose, à son tour, un nouveau disque personnel. Pour ce troisième effort solitaire, l’Anglais change à nouveau de label (après Static Caravan et Second Language), pour une proposition qui, musicalement, perpétue ce savoir-faire electronica britannique, dans une veine moins marquée par des rythmiques que lorsqu’il officie en duo.
Tout aussi oniriques néanmoins (pépiements d’oiseaux un peu partout), ses six compositions s’appuient, en effet, sur des instruments réels et non sur des matériaux électroniques. Une basse, un Glockenspiel et une rivière garnissent ainsi quelques morceaux de Build A Diorama, permettant de dialoguer joliment avec les nappes de synthé et petites pulsations, ou bien de se positionner à l’avant-scène pour crépiter aimablement (Bosky). Tout aussi jolies, les consonances des composants synthétiques savent se parer d’une gracile luminosité (The Deepdale Halophyte Economy) et les rythmiques en « vents électroniques » s’avèrent très soyeuses (Bojagi).
Mélodiquement, Robin Saville se situe plutôt dans une logique d’enchaînements de mesures affables (tessitures agréables, sentiment de rebondissement des notes) mais pas nécessairement de tressage de mélodies véritables, façon refrains identifiables. Ce constat rejoint alors celui d’être face à un disque possiblement moins direct que ceux de son duo, davantage tourné vers la construction d’une atmosphère d’ensemble. La réussite n’en est pas moins au rendez-vous.
le 16/04/2020