(KrysaliSound / Import)
15/02/2020
Electronique

Le registre se situant entre post-rock alangui et ambient s’avère tellement couru qu’il est impossible de prétendre à une quelconque exhaustivité dans la recension de toutes les publications données dans ce style musical. En piochant dans quelques labels suivis, en restant fidèles à des artistes déjà rencontrés, nous tentons pourtant de balayer une partie de ce répertoire et de faire quelques découvertes au passage. Nouvel exemple avec Ishmael Cormack qui, élément toujours un peu suspect, fait paraître quatre (!) disques en deux mois (outre celui objet de la présente chronique, on compte deux sorties autoproduites et un CDr sur Handstitched Recordings).
L’idée que le Londonien compose des morceaux au kilomètre pointe donc, d’autant plus que la structuration de plusieurs titres d’Ammil laisse imaginer qu’il divague (joliment, certes) sur sa six-cordes tandis que des textures un peu crépitantes et perturbées peuplent l’arrière-plan. Musicalement, c’est toutefois très agréable : les traitements des petites notes de guitare sont suffisamment touchants pour émouvoir, de même que la présence de matériaux donnant une certaine dimension onirique à l’ensemble.
Assez sobre dans son expression, le propos d’Ishmael Cormack fait, en parallèle, montre d’une vraie grâce, née de l’acoustique assez fine qui entoure ses compositions et qu’on pourrait, un peu facilement, relier au fait qu’il a enregistré cet album dans une église du Sommerset du XIIIe siècle. En toute fin d’album, un titre s’étire sur près de douze minutes (Slow Ungive) et vient déployer plus longuement les qualités (mais aussi les limites, compte tenu du caractère très peu novateur du propos) dont a fait montre le Britannique tout au long du disque.
le 24/04/2020