(n5MD / Bigwax Distribution)
28/02/2020
Electronique

Poussant un peu plus loin le schéma qu’il avait développé sur Inner, Ocoeur prolonge son chemin entre ambient arythmique et rivages semi-electronica. Musicalement, il s’agit donc, à nouveau, de superposer des plages de synthé, avec toutefois un vrai souci de conserver une dimension mélodique assez avérée. Les montées de clavier et les petits grésillements conférés à certaines notes viennent ainsi apporter une touche permettant d’aller au-delà de la simple conjonction de nappes.
Le climat général mis en place par le Français, relayé par un visuel de pochette façon coulées de neige fondue sur un glacier en partie asséché, se veut indéniablement glacé, les touches chromatiques agissant comme des pointes givrées, et les longs accords tenus de Dawn comme des souffles frigorifiants. Quelques micro-pulsations percent, ailleurs, sous la glace, évoluant, dans le dernier tiers du morceau-titre, vers une construction plus riche (combinaison de craquèlements et mini-explosions) tout à fait savoureuse. Sur Glow, cette même architecture rythmique soignée se déploie, dans une autre belle réussite de Franck Zaragoza.
Partagé, donc, entre propositions de pure ambient et morceaux dans lesquels affleurent des rythmiques légères, Ocoeur signe un disque (peut-être un peu court, avec sa durée inférieure à quarante minutes) certainement plus convaincant que son précédent effort, preuve qu’il a tout intérêt à ne pas totalement lâcher les pulsations de ses premières années.
le 20/04/2020