(Morr Music / Bigwax Distribution)
13/03/2020
Electronique

Ambient / Ian Hawgood / James Murray / Morr Music / Slow Reels
Tous deux amateurs de collaborations en duo, tous deux gérants de labels sur lesquels l’autre a publié des disques (respectivement home normal et Slowcraft Records), tous deux opérant dans une ambient composite assez émouvante, Ian Hawgood et James Murray devaient bien finir par réaliser quelque chose ensemble. Judicieusement dénommé Slow Reels, leur duo s’est formé quand le premier a créé des boucles avec un magnétophone à ruban, les a envoyées au second qui a ajouté des couches de piano, guitare et synthé aux morceaux initiaux, retournés ensuite au premier qui les a retranscrits sur cassette et encore manipulés.
Passés par ces différentes étapes, les quatre longs titres de Farewell Islands en ressortent avec une densité et une finesse dans l’enchevêtrement des strates assez impressionnantes. Si, naturellement, les aplats et accords tenus constituent la majeure partie des matériaux convoqués par les deux Anglais (Miya et Farewell), quelques mini-explosions viennent mettre en place une forme de pulsation et des crépitements apparaissent, éléments qui permettent de renouveler l’écoute et de jouer, alors, sur une certaine saturation ou une perturbation de l’ordonnancement mis en place (Lakka).
Par ailleurs, Slow Reels sait aussi faire le choix d’une proposition plus épurée, mais qui conserve néanmoins une certaine épaisseur, renforcée par la granulosité qu’on imagine provenant des bandes initiales trouvées par Hawgood et les touches de piano éparses apparaissant dans le dernier tiers du morceau (Shona). C’est possiblement grâce à ces apports qu’on retrouve l’émotion qui se ressent tellement à l’écoute des disques de Murray et qui est, en vérité, peut-être un peu moins présente sur les compositions du duo.
Pour autant, avec ce disque, Morr Music confirme que le gros semestre electronica-ambient, ouvert avec la ressortie du Yesterday Was Dramatic – Today Is OK de múm et refermé par cet album, lui a été largement bénéfique. Nous finirons donc avec un double souhait : que le label allemand s’en souvienne et que Slow Reels ne s’arrête pas au bout d’un long-format.
le 06/05/2020