Clarice Jensen

The Experience Of Repetition As Death

(130701 / PIAS)

 date de sortie

03/04/2020

 genre

Classique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 tags

130701 / Clarice Jensen / Néo-Classique

 liens

130701
Clarice Jensen

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Tout juste deux ans, presque jour pour jour, après son premier album, c’est sur 130701 (cette sous-division de FatCat dévolue aux projets expérimentaux, souvent proche du néo-classique) qu’on retrouve assez logiquement Clarice Jensen. Recentrée sur son violoncelle, la musicienne y opère complètement en solitaire, sans apport d’autres cordes ou d’un piano, mais en profite pour aller chercher des sonorités un peu différentes du simple frottement des cordes à l’archet. Cette posture est d’ailleurs assez heureuse, dans la mesure où les albums de violoncelle solo se multiplient (avec souvent de belles réussites à la clef) avec le risque d’arriver assez rapidement à saturation de ce créneau musical.

Encadrés par des morceaux d’ouverture et de fermeture, assez traditionnels dans leur approche de l’instrument (Daily et Final), le disque opte pour une superposition de différentes strates sonores, combinant jeu dans les graves et convocation de notes plus aigües (Daily Tonight), ou bien pour la conjugaison du travail au violoncelle et de l’introduction de boucles issues de cassettes. Dans Metastable, sorte d’écho un peu macabre à l’intitulé de l’album, des notes très aigües sont ainsi mises en boucles et répétées sur les sept minutes du morceau, figurant le son de machines d’hôpital qui retranscrivent le rythme des constantes vitales.

Avec ce type de recours, Clarice Jensen marque également son attrait pour la forme sérielle et répétitive, qu’elle peut déployer aussi dans Holy Mother, avec les deux mêmes mesures de violoncelle réitérées sur les onze minutes du titre, tandis que des traits plus anxiogènes, à la limite des vocalises spectrales, n’interviennent par-dessus. Pour tenter de contrebalancer tous ces éléments un peu inquiétants, de la réverbération agrémente quelques-uns des matériaux de la New-Yorkaise, faisant alors presque sonner son violoncelle comme un orgue (la seconde partie d’Holy Mother). Comptant enfin sur les titres placés aux deux extrémités de son disque pour proposer des passages plus calmes et moins torturés, la musicienne livre une proposition suffisamment variée pour intéresser même celui qui a déjà écouté plusieurs albums de violoncelle solo.

François Bousquet
le 20/05/2020

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