I Like To Sleep

Daymare

(Rune Grammofon / Import)

 date de sortie

17/04/2020

 genre

Jazz

 style

Contemporain / Progressif

 appréciation

 tags

Contemporain / I Like To Sleep / Progressif / Rune Grammofon

 liens

Rune Grammofon

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Toujours attentif à l’effervescence de sa scène nationale, notamment en matière de trios jazz, Rune Grammofon propose, cette fois-ci, le second album d’I Like To Sleep. Publié le même jour que le deuxième album d’un autre groupe norvégien (Master Oogway), sur lequel nous ne nous attarderons pas, beaucoup trop progressif et jazz-rock pour nous plaire, Daymare se singularise par l’alliance entre les trois instruments qu’il déploie pendant sa quarantaine de minutes. La guitare baryton et le vibraphone sont, en effet, chargés des lignes de notes tandis que la batterie a seule en charge la section rythmique.

Assez rapidement, on se rend compte qu’I Like To Sleep va capitaliser sur l’opposition entre la guitare baryton au son un peu « graisseux » et les lames de vibraphone, nettement plus claires, voire aquatiques. La lourdeur et le caractère plombé de la première sont ainsi contrebalancés par les touches plus légères du second et, naviguant entre ces deux rivages, la batterie d’Øyvind Leite passe de registres martiaux et appuyés à des interventions plus contrôlées. Si les envolées du vibraphone d’Amund Storløkken Åse peuvent sonner comme assez classiques pour les amateurs de jazz un peu vintage (notamment dans ses soli, tel celui de Playing With Fire), la présence de la guitare saturée (ou d’une basse six-cordes), aux attaques franches, de Nicolas Leirtrø renvoie plutôt à des accointances blues ou garage.

La coalition de toutes ces héritages conduit à quelque chose hésitant entre le progressif et le contemporain, pour donner naissance à ce que le label norvégien appelle un « power jazz trio », dénomination finalement assez juste pour désigner les caractéristiques d’I Like To Sleep. À titre d’exemple, Circles débute par un mini-solo de batterie, vite rejointe par un thème entêtant joué au vibraphone, puis par une basse entraînante. Plus loin, c’est l’inverse : Nicolas Leirtrø se charge de la ligne mélodique jouée en boucle tandis qu’Amund Storløkken Åse divague librement (Braintrain). Dans chacun des deux cas, il faut un peu s’accrocher pour passer outre l’électricité, la distorsion ou la forme de démonstration de force dont font montre les Norvégiens, mais l’expérience vaut quand même le coup.

François Bousquet
le 27/05/2020

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