Sylvain Chauveau

Life Without Machines

(flau / Import)

 date de sortie

18/04/2020

 genre

Classique

 style

Néo-Classique

 appréciation

 tags

flau / Néo-Classique / Sylvain Chauveau

 liens

Sylvain Chauveau
flau

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Après un automne 2018 très riche en publications (deux disques avec l’Ensemble 0, un album d’Arca, une sortie avec Cyril Secq et une compilation solo), il fallait bien que Sylvain Chauveau se reposât un peu. C’est donc une quinzaine de mois après sa dernière parution qu’on retrouve le Français, sur flau, label chez qui il commence à avoir ses habitudes, pour une proposition minimaliste, bien dans la lignée de Pianisme ou de ses trois disques destinés à déconstruire le format « chanson ».

Composés par Chauveau, les quinze morceaux de Life Without Machines sont interprétés par le pianiste Melaine Dalibert et conçus comme des illustrations sonores, à coupler avec les Stations of the Cross, série de peintures abstraites de Barnett Newman, retraçant le chemin de croix christique sur de grands formats beiges avec des variations verticales noires. C’est donc logiquement dans un mélange entre abstraction et réduction minimaliste que se situent les titres de l’album, avec souvent, même, un jeu sur la répétition des mêmes mesures de clavier (or). L’ascèse s’étend y compris aux intitulés des morceaux (une ou deux lettres, en minuscules, sans forcément de signification), dans un mouvement d’une belle cohérence.

Cependant, comme on avait déjà pu le relever sur de précédents disques de Sylvain Chauveau, l’aridité est portée en étendard et le minimalisme devient d’autant plus famélique que plus de la moitié des morceaux ne dépasse pas les quatre-vingt-dix secondes. Certes pouvons-nous apprécier le travail sur le silence entre les notes, les échanges entre notes graves et notes aigues (nd), ou la concordance entre fond et forme (ce dialogue avec les toiles de Newman), mais l’ensemble nous paraît possiblement trop cérébral et manquant de corps et d’incarnation.

En vérité, il faut attendre les presque douze minutes de en, morceau conclusif du disque pour qu’un habillage soit mis en place autour du piano, avec une petite nappe vibrante, ponctuée de micro-gazouillis d’oiseaux ou d’aboiements lointains. C’est mince, mais, parvenus à ce stade du disque, cela nous suffit.

François Bousquet
le 28/05/2020

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