(12k / Import)
01/05/2020
Electronique

Fidèle à sa ligne de conduite et au label 12k, pour lequel il publie un troisième album, Federico Durand offre une nouvelle déclinaison de son ambient lumineuse et délicate. Depuis La Niña Junco, l’Argentin avait fait paraître deux albums solo et deux disques partagés et, avec cet Alba, il creuse donc son sillon d’une musique minimaliste et gracieuse, tournée vers un certain onirisme. Une nouvelle fois, les intitulés du disque (publié en vinyle et téléchargement) et de plusieurs morceaux opèrent ainsi dans ce champ lexical : Alba (« aube »), Comenzó a nevar (« il a commencé à neiger »), Junto al hogar a leña (« au coin du feu ») ou Jardín de musgo (« jardin de mousse »).
D’évidence, on sent le musicien émerveillé par la flore et la faune (Luna moth (Actias luna), autre titre du disque, renvoyant au papillon de lune) mais fait le choix de ne pas se livrer à des field recordings mais plutôt à un plein travail de création sonore. Certes peut-être tautologique, cet exercice brille assurément par sa délicatesse et la sincérité de son engagement. C’est ainsi que la musique de Federico Durand se veut fine, voire un peu chétive, qu’il s’agisse des apports de machines diverses ou bien des petites notes de toy piano ou de guitare acoustique.
Les petits craquèlements perçus à la surface (sur Poesía inédita de Aina Adelborg, par exemple) viennent, par ailleurs, apporter une perturbation plutôt bienvenue, rendant le propos moins lisse et apprêté que ce qu’on pouvait imaginer. L’eau qui coule et les mélodies qu’on croirait issues de mobiles pour enfants peuvent ainsi se trouver confrontées à des bruissements et sons tremblotants (La caja de fotos y recuerdos). Autant de propositions qui composent un ouvrage à nouveau tout à fait convaincant.
le 05/06/2020