(Constellation / Differ-ant)
01/05/2020
Electronique

Automatisme parti chez Mille Plateaux (ces pages viennent de rendre compte de l’album du Canadien publié sur le label allemand), Constellation n’abandonne pas, pour autant, toute velléité électronique. Plus encore, en ce printemps 2020, ce sont trois albums dans ce genre musical que le label montréalais fait paraître, avec trois styles un peu différents. Si nous ferons l’impasse sur le disque de Joyfultalk, un peu trop martial et psyché à notre goût, les deux autres méritent une recension plus détaillée, à commencer par ce Third Album, troisième effort de Markus Floats, mais le premier à bénéficier d’une sortie sur un véritable label.
À l’image de sa pochette (une peinture faite par l’artiste lui-même), ce disque présente une musique un peu lo-fi et faite avec les moyens du bord. Instruments midi, sonorités un peu bricolées, petites touches musicales hésitantes, teintes à la limite du passéisme : les composantes formant cette grosse demi-heure se situent dans une veine un peu hésitante, naviguant entre tentatives de déploiement (la fin de Forward Again avec ses couches superposées tentant d’installer une sorte de vertige, la quasi-grandiloquence des accords plaqués de Moving) et essais moins maîtrisés, plus bancals (les mélodies et rythmiques d’Always, les tapotements chromatiques du début de Forward Always).
Possiblement un peu datées dans leurs attributs, les compositions de Markus Floats savent toutefois se renouveler en leur sein-même en proposant, sur le caudal Forward Always, une évolution interne assez intéressante, passant par des moments arythmiques et des retours des pulsations soutenues et quasi-psyché. Au-delà, elles permettent aussi d’explorer une veine à laquelle Constellation ne s’était pas encore attachée, confirmant la large vision d’esprit du label canadien.
le 09/06/2020