Ross Downes

Stacked Up At Zero

(Trestle Records / Import)

 date de sortie

01/05/2020

 genre

Electronique

 style

Ambient / Minimal

 appréciation

 tags

Ambient / Minimal / Ross Downes / Trestle Records

 liens

Trestle Records

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Ces pages ont souvent l’occasion de souligner l’apport des visuels de pochette, témoignages récurrents de la volonté du musicien d’orienter l’auditeur vers tel ou tel sentiment, de conférer une coloration donnée à sa production ou, plus simplement, de l’illustrer. Avec Stacked Up At Zero, on est, à nouveau, dans une très bonne adéquation entre la musique produite par Ross Downes et les deux visuels agrémentant la pochette de son long-format, publié en vinyle et en téléchargement. De fait, la pochette extérieure présente une sculpture géométrique aux contours effilés et reflets irisés, forme qu’on pourrait aisément raccrocher à une techno minimale un peu chatoyante, aux miroitements oniriques. Pour sa part, la pochette intérieure est un gros plan de volutes bleutées (ou gros traits de pinceau) sur fond noir, proposition facilement associable à une ambient sombre et dense.

Précisément, la musique de l’Anglais s’origine dans ces deux veines, convoquant aussi bien des rythmiques précises et fines (The Kind Animal) que des plages beaucoup plus opaques (The Seasons Now), des bribes mélodiques surplombées de coups métalliques et concassés (Iron Cloud) que des basses très sourdes (Hiding In History) ou des souffles anxiogènes (Border Boarders). C’est parfois au sein du même titre que ces deux mouvements se conjuguent, quand des notes un peu réverbérées et des nappes lumineuses croisent des grésillements et atmosphères plus lourdes (A Day Without).

Dans ce contexte, la relative brièveté des morceaux de l’album (trois minutes et dix secondes de moyenne) ne le sert pas forcément, empêchant trop fréquemment à la musique de se déployer et à l’auditeur de profiter pleinement de la richesse de chacun des titres. La meilleure preuve, comme souvent, est apportée par le fait que le meilleur morceau de Stacked Up At Zero en est le plus long : sur ses quatre minutes et trente secondes, Extincting peut faire des allers et retours entre tous les points de vue développés sur le reste du disque, alternant aplats très denses et rythmique pointilliste, boucle mélodique aux atours mélancoliques et accords plus industriels.

François Bousquet
le 16/06/2020

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