Minamo & Moskitoo

Superstition

(12k / Import)

 date de sortie

01/05/2020

 genre

Electronique

 style

Electronica / Minimal

 appréciation

 tags

12k / Electronica / FilFla / Fourcolor / Keiichi Sugimoto / Minamo / Minimal / Moskitoo

 liens

Fourcolor
FilFla
12k
Moskitoo

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Muets depuis plusieurs années (neuf et trois, respectivement), les Japonais de Minamo et Moskitoo se retrouvent assez naturellement sur 12k pour un album en commun, eux qui avaient déjà eu l’occasion d’être présents sur le label new-yorkais, pour des longs-formats comme des disques courts ou des témoignages de concerts. Ici, c’est bien un enregistrement studio qui est pressé sur vinyle, session déroulées sur une journée unique, fin décembre à Tokyo, il y a un an et demi. Alors que cette scène japonaise d’electronica minimaliste se fait donc moins présente (ou moins intéressante, à en juger par le dernier album en date de FilFla non recensé sur ces pages tellement ce projet de Keiichi Sugimoto vire à de la pop gonflée aux hormones), c’est avec un réel plaisir qu’on retrouve les travaux graciles de Minamo, accompagnés de la voix de Sanae Yamasaki.

L’incorporation de cet élément vocal (une première chez Minamo) se fait en parfaite harmonie, la jeune femme restant dans un registre retenu et se mettant aux services des légères triturations électroniques (souffles, froissements) et des instruments du duo (guitare acoustique pincée, mélodica, Glockenspiel). Sa voix, toujours très claire et parfois détimbrée, peut aussi habilement dialoguer avec des composantes plus acérées proposées par Keiichi Sugimoto et Tetsuro Yasunaga (Imperial Webster). Murmurante et caressante à la fois, la participation de la Japonaise vient donner du corps aux compositions de Minamo dont on pourrait pu craindre qu’en étant redevenu un duo (Yuiichiro Iwashita et Namiko Sasamoto semblant avoir quitté le groupe), il s’adonne à un propos trop ascétique.

Sur les treize minutes du caudal Superstitious Typology, Sugimoto et Yasunaga ne sollicitent la voix de Yamasaki que dans le début du titre pour, ensuite, déployer des instrumentations d’electronica minimaliste montant progressivement en puissance (petits larsens, textures assez ouvragées). Dans les trente dernières secondes, quelques « la-la-la-la-la » reviennent, comme pour nous ramener à la surface après un plongeon dans des eaux troubles, mais troublées d’une belle manière.

François Bousquet
le 17/06/2020

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