(130701 / PIAS)
15/05/2020
Rock

130701 / Mats Erlandsson / Néo-Classique / Yair Elazar Glotman
Comme cela avait été le cas pour Clarice Jensen, le mois dernier, Yair Elazar Glotman et Mats Erlandsson se retrouvent, après un premier album sur Miasmah, chez 130701 pour leur second long-format, confirmant à la fois la vocation défricheuse du label norvégien et celle, tournée vers les instruments réels et le néo-classique, de la structure anglaise. En effet, avec Emanate, les deux musiciens renforcent ce dernier aspect de leurs compositions, conviant à leurs côtés tout un aéropage d’invités, dont certains sont bien identifiés dans cette scène expérimentale : Lucy Railton au violoncelle, Viktor Orri Árnason à l’alto ou Maria W Horn à l’orgue, par exemple. Au reste, plusieurs de ces intervenants avaient déjà opéré sur des disques de Jóhann Jóhannsson avec lequel la filiation est d’autant plus assumée que Yair Elazar Glotman avait co-signé le dernier album du défunt Islandais, tout juste paru sur Deutsche Grammophon.
Forcément, avec de tels postulats, on ne sera pas surpris d’être face à une musique très homogène dans laquelle les cordes (principaux instruments sollicités : contrebasse, violoncelle, alto, viole de gambe, violon) forment un tapis sonore cohérent et compact, tout juste rehaussé par quelques tapotements. Parfois, un de ces instruments à cordes émerge, lâchant quelques notes plus aigües, s’extirpant ainsi de la densité générale qui, dans l’ensemble, s’avère un rien pesante voire pontifiante. Pas d’étonnement, dans ce contexte, à trouver un morceau intitulé Procession car c’est effectivement bien à cela à quoi Emanate nous fait aussi penser : un projet, non pas opportuniste ou calculateur, mais un peu engoncé dans son évolution et un rien trop révérencieux.
Pour autant, on sera quand même pris par un morceau comme From Procession To Refraction avec sa conjonction d’instruments, son sentiment de flux et reflux, la forme de balancement captivant qui en résulte et les apports électroacoustiques de Mats Erlandsson. Trop isolé au sein des cinquante minutes de l’album, ce titre dit, en creux, toutes les possibilités qui auraient pu être mises en œuvre par les deux musiciens qui, ici, on fait des choix plus prudents.
le 26/06/2020