(Dais Records / Import)
22/05/2020
Electronique

Ambient / Dais Records / Rafael Anton Irisarri / The Sight Below
Passée la déception de n’avoir pu le voir en concert en février dernier (on se souvient des conditions pas très claires de l’annulation de sa venue au festival How To Love de Petit Bain), on retrouve Rafael Anton Irisarri pour un nouveau long-format. Fidèle à son ambient composite, et à la largesse de la palette qu’il convoque, l’États-Unien reste également attaché à des intitulés d’albums un rien conceptuel (« péripétie » après « solastalgie »). Musicalement, on retrouve donc les nappes et vagues (résultant de synthés ou de guitares jouées à l’archet) qui montent progressivement en puissance sur chaque titre, jusqu’à submerger l’auditeur.
Comme tout est dans tout (et réciproquement), sur Solastalgia, ces matériaux permettaient d’évoquer la supériorité de la nature sur l’homme et, ici, ils font référence à un regard sur soi, à une concentration sur une histoire humaine. Laissons de côté le récit fait autour du disque et goûtons donc, plutôt, ces entrelacs dont le caractère vertigineux s’avère aussi indéniable (les mini-explosions et sonorités propres à faire décoller l’auditeur dans Fright And Control) que rapidement mis en place. De fait, les morceaux durant, en moyenne, un petit peu plus de cinq minutes, il ne faut pas trainer pour faire démarrer le crescendo et la superposition des éléments.
Si l’atmosphère générale se fait un rien trop pesante, voire plombée, des percées plus lumineuses peuvent voir le jour, quand quelques notes se détachent, dans un registre spatialo-futuriste (Arduous Clarity) ou bien dans une forme de space-rock à l’arrière-plan assez chargé (Yearn). Une nouvelle fois, donc, alors qu’on pensait se diriger vers l’écoute d’un album assez classique, Rafael Anton Irisarri se distingue par son aptitude à opérer dans un répertoire très étendu.
le 15/07/2020