Frédéric D. Oberland & Irena Z. Tomažin

Arba, Dâk Arb

(Hallow Ground / Import)

 date de sortie

05/06/2020

 genre

Rock

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Expérimental / Frédéric D. Oberland / Hallow Ground

 liens

Frédéric D. Oberland
Hallow Ground

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Infatigable artiste, Frédéric D. Oberland, au-delà de ses interventions musicales au sein d’Oiseaux-Tempête (entre autres) et d’un travail plus plastique, développe aussi des projets personnels. Nous avions ainsi pu rendre compte d’un très bon concert solo donné au Sulfure Festival l’an passé avant, cette fois-ci, de le retrouver aux côtés d’une chanteuse slovène pour un disque initialement pensé comme la bande-son d’une exposition de photographies rehaussées de peinture présentée par Fanny Béguély il y a six mois au Fresnoy.

Délaissant sa guitare ou son saxophone, le Français s’empare ici d’une vieille à roue, cet instrument médiéval qu’on retrouve chez d’autres musiciens expérimentaux adeptes du son, entre bourdon et drone, que le frottement de la roue sur les cordes peut provoquer. Découpé en cinq morceaux allant de cinq à quatorze minutes, l’album (disponible en vinyle et téléchargement) mêle intelligemment les sons de cet instrument à la voix d’Irena Z. Tomažin, si bien qu’on éprouve parfois du mal à distinguer ce qui relève du chuintement de la vieille à roue et ce qui émane du timbre de la Slovène.

Pas négatif, ce constat traduit, au contraire, la cohérence de l’alliance des deux musiciens, mise au service d’un ensemble à la belle densité. Sans verser dans quelque chose de trop plombé, parvenant à maintenir un tapis sonore assez homogène, Oberland et Tomažin savent aussi intégrer des composantes plus contemporaines, grâce à des traitements apposés sur leurs instrument et voix. Plus on s’avance dans le disque, plus les interventions de la Slovène se font présentes et plus son timbre se mue en cri, comme s’il fallait du temps pour que ce cri sorte de sa bouche, s’extraie de la gangue mise en place par la vieille à roue. Comme souvent, le schéma conduit à ce que le propos se tempère sur Hereafter, dernier titre du disque, dans lequel la vieille à roue prend des atours de violon.

François Bousquet
le 20/07/2020

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