(Seasides On Postcards / Import)
03/07/2020
Electronique

Après avoir laissé passer Ensemble, album sorti en décembre dernier, c’est avec We Were Here Before, We Will Be Here After que ces pages retrouvent Yair Etziony, disque publié sur Seasides On Postcards, label basé (tout comme le musicien israélien) à Berlin. Inspiré par le quartier de Neukölln, situé au sud de la capitale allemande, ce long-format voit l’artiste revenir à une electronica rythmique et assez savoureuse. Dès l’ouverture, l’auditeur est, en effet, confronté à des pulsations sourdes mais aussi quelques interventions en cliquetis, tandis que la partie mélodique est assurée par des accords et nappes.
Globalement plutôt entrainants, les sept morceaux de l’album conservent néanmoins cette part d’obscurité un peu inquiétante que Yair Etziony avait su développer dans ses travaux ambient (les sonorités métalliques et industrielles de We Will Be Here After, les coups sourds de Mountains Of Debris), comme quelques accointances dub qu’on avait déjà pu croiser chez lui précédemment (Commonplace) ou des éléments plus mélancoliques (les notes tenues de Northern Home). La précision des matériaux et les samples utilisés (cris d’oiseaux, par exemple) complètent une palette assurément captivante.
Assez impeccable dans la variété des registres abordés (un peu d’ambient, donc, à côté de pas mal d’electronica, et de quelques doses de techno minimaliste), We Were Here Before, We Will Be Here After se fait très intéressant à plusieurs reprises, avec des morceaux comme Breather et Northern Home (respectivement le dernier et le premier du disque) qui, même s’ils sonnent un peu datés par endroits, accrochent l’oreille par leurs relances successives. Au total, Etziony démontre qu’il n’a rien perdu des capacités qu’on avait pu relever chez lui à ses débuts, il y a une douzaine d’années, ayant même conforté celles-ci au gré de l’expérience accumulée.
le 14/08/2020