Field Works

Ultrasonic

(Temporary Residence Ltd / Import)

 date de sortie

26/07/2020

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Chihei Hatakeyama / Christina Vantzou / Colophon / Eluvium / Expérimental / Félicia Atkinson / Je Suis Le Petit Chevalier / Jefre Cantu-Ledesma / John Also Bennett / Machinefabriek / Martin Eden / Mary Lattimore / Matthew Cooper / Noveller / Sarah Davachi / Taylor Deupree / Temporary Residence Ltd

 liens

Eluvium
Chihei Hatakeyama
Machinefabriek
Jefre Cantu-Ledesma
Temporary Residence Ltd
Félicia Atkinson
Noveller
Christina Vantzou
Je Suis Le Petit Chevalier
Mary Lattimore
Sarah Davachi
John Also Bennett

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Agissant comme une sorte de curateur, Stuart Hyatt regroupe, sur un même disque, quatorze musiciens (dont la grande majorité est familière de ces pages) sans pour autant qu’on soit en présence d’une véritable compilation. Un peu comme le ferait un commissaire d’exposition, pour les arts plastiques, il s’agit plutôt de proposer un exercice de style à ces intervenants (partir de l’écholocalisation des chauves-souris, ici) et de les rassembler sur un album publié sous le nom de Field Works. Ceci posé, il faut tout de même reconnaître que la différence avec une véritable compilation est bien mince. Prenons donc la chose comme telle, avec le bonheur de retrouver des artistes grandement appréciés, surtout dans une architecture de disque, un tracklisting, parfaitement soigné.

Eluvium ouvre les débats avec une proposition très organique, voire onirique (bruissements multiples, samples sylvestres), reprenant ses habituels empilements de nappes ; progressifs et émouvants. Onirique, la harpe de Mary Lattimore l’a toujours été et c’est donc sans peine qu’elle se glisse parmi les acteurs d’Ultrasonic, avec ses beaux entrelacs, à la fois métalliques et aquatiques. Un peu perdu de vue ici (principalement en raison de l’incapacité à suivre sa riche production), Jefre Cantu-Ledesma offre un titre ambient tout à fait honorable, comme le fera, plus loin, Sarah Davachi. Avec Machinefabriek, c’est un rivage un peu électronique qu’on aborde, avec un titre tout à fait intéressant (de petites notes mélancoliques de piano affleurent sur une texture faite de tapotements et de petits glitchs). Ce clavier préfigure la participation de Kelly Moran sur titre suivant, dans lequel on retrouve le jeu rapide et aux sonorités proches du clavecin de l’Anglaise, puis celle de Taylor Deupree, dans un registre plus minimaliste mais parcouru de gazouillis d’oiseaux.

Le climat s’assombrit quand intervient Noveller et ses nappes de guitare torturées et opaques aux contours quasi-vertigineux. Percent ensuite plusieurs cris d’animaux sur le morceau de Christina Vantzou, qui se distingue davantage par une spatialisation du son particulièrement travaillée que par la complexité de ses textures. Constat assez voisin chez Félicia Atkinson pour le morceau le plus court du disque, agrégat expérimental combinant sonorités mélodiques, samples oniriques et éléments plus acérés. Cette tendance féminine aura un écho sur le morceau conclusif du disque, le seul à voix (d’une femme, donc, au parlé-chanté), joliment croisée avec un piano et des cordes samplées.

Seul musicien non encore évoqué sur ces pages (sauf en tant que remixeur d’un titre de Christina Vantzou, ou comme membre de Forma), John Also Bennett mêle, comme Chihei Hatakeyama et Ben Lukas Boyse, dans un dernier mouvement du disque parfois trop homogène, nappes ambient assez enveloppantes et gazouillis d’oiseaux, éléments qu’on retrouve donc sur la quasi-totalité d’Ultrasonic (pas certain, toutefois, qu’il s’agisse de gazouillis de chauves-souris, pour autant que cela puisse exister…).

Alors que nous avions débuté cette chronique en postulant être face à une compilation dont les morceaux seraient assez cloisonnés les uns par rapport aux autres, nous la terminons donc en mettant en exergue cette sorte de fil rouge. Quant à savoir si cela résulte de la volonté propre des artistes conviés ou bien d’une intervention de Stuart Hyatt sur chacun des titres, le mystère demeure…

François Bousquet
le 26/08/2020

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