(130701 / PIAS)
28/08/2020
Rock

Resté sur le souvenir d’un disque assez traditionnel de néo-classique avec la précédente proposition de Dmitry Evgrafov, c’est sans réel entrain qu’on débute l’écoute de Surrender, après avoir toutefois constaté que la liste des musiciens s’est singulièrement allongée. Au-delà de cet écart mathématique, cette augmentation entraîne aussi un écart stylistique puisque la présence d’une basse et d’une batterie sur les deux premiers morceaux de l’album entraîne ceux-ci vers des rivages post-rock. Les cordes sont toujours naturellement présentes, comme le piano ou le marimba, mais cette section rythmique apporte une coloration plus enlevée, soulignée par les attaques franches de violon et la relative brièveté de ces titres qui, de ce fait, donnent tout dès leurs débuts (Splinter et Sparkle).
Passée cette ouverture, basse et batterie ne reparaîtront plus, laissant aux pianos et cordes le soin de se charger de la dimension véritablement instrumentale du propos. Pour autant, Dmitry Evgrafov sait, à présent, ne pas laisser ses matériaux se faire trop policés, et peut les perturber en introduisant des crépitements et autres triturations électroniques (Context). De même, l’implication d’instruments un peu différents comme le guzheng (sorte de cithare chinoise), joué par William Yates, ou le ronroco (variété de charango), joué par Markus Sieber, permet de conférer une touche plus expérimentale (Stymie, Endless).
Naturellement, les velléités purement mélodiques ne sont pas totalement écartées, à l’image des lignes de cordes d’Humble In The Heart, redoublées par les partitions de marimba et de xylophone, dans un ensemble joliment rebondissant. Ne sont pas non plus absents les titres de piano solo, introspectifs et profonds (le caudal Far And Close, par exemple) mais, dans l’ensemble, ce disque, publié uniquement en vinyle et téléchargement, démontre que le Russe a tout intérêt à élargir son spectre.
le 28/09/2020