Automatisme

Terrain Reduction

(G89 Records / Import)

 date de sortie

14/08/2020

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Automatisme / Electronica / G89 Records

 liens

G89 Records

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Quelques semaines tout juste après être arrivé sur Mille Plateaux, Automatisme publie un nouvel album (dont la durée s’apparente davantage à un mini-album), permettant au Canadien de capitaliser sur l’ensemble de ses points forts, aussi bien ceux déployés quand il opérait chez Constellation que ceux trouvés sur son récent long-format sur le label allemand. C’est ainsi que les cinq morceaux du disque savent marier pulsations proches du dub, atours plus expérimentaux (poussées sonores, éléments vrillants, tapotements et travail sur les fréquences, grésillements, clicks’n’cuts) et nappes ambient habillant l’arrière-plan.

Découpé de manière un peu étrange (un premier titre de dix minutes, puis une piste d’une minute et trois derniers morceaux entre trois minutes et cinq minutes trente), Terrain Reduction s’annonce comme inspiré de la théorie altermoderniste du critique d’art Nicolas Bourriaud. Filiation assez pointue, cette lignée ne débouche pas vraiment sur des formes identifiables par elles-mêmes, renvoyant l’auditeur à une écoute décorrelée de ce contexte et à vingt-cinq minutes à prendre pour ce qu’elles sont, à savoir des variations sur les composantes décrites précédemment.

Sous ce rapport, Digital Elevation Model et ses dix minutes offrent à William Jourdain un bon moyen de déployer sa large palette, tandis que le créneau plus resserré de Remote Sensing et Grid le voit se centrer sur un registre plus dub. Enfin, Reduction agit par des appuis plus marqués, mais tout aussi dotés de cette réverbération caractéristique. L’ensemble manque toutefois peut-être un peu d’une continuité rythmique, qui conduirait à une accroche plus franche de l’auditeur, à quelque chose qui viendrait relancer l’écoute voire faire hocher de la tête. On croit tenir cela avec un break opéré à l’approche de la dernière minute du dernier morceau, mais c’est un leurre puisqu’Automatisme repart sur un propos plus fragmenté.

François Bousquet
le 10/09/2020

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