Martine Feipel & Jean Bechameil : Automatic Revolution

 date

du 08/08/2020 au 01/11/2020

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

HAB Galerie / Martine Feipel & Jean Bechameil

 liens

HAB Galerie

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Comme c’est régulièrement le cas avec les propositions estivales de la HAB Galerie, des mécanismes et installations profitent des vastes espaces nantais, avec des propositions souvent déployées sur toute la hauteur, ou dans de grandes largeurs, de l’ancien hangar. Pour cette année, c’est au tour de Martine Feipel et Jean Bechameil de s’accaparer assez joliment ces volumes avec une monographie qui nous permet de creuser notre connaissance d’un duo assez peu présent, nous semble-t-il, dans les lieux d’exposition français.

Electric Eclipse
(courtesy des artistes)

Mécanismes, donc, puisque les sculptures et panneaux créés par les deux artistes sont presque tous affublés de petits moteurs, imprimant un mouvement à certaines parties des créations, mouvement plus ou moins rapide (et, par conséquent, plus ou moins perceptible) suivant les propositions. Attiré par Contra Construction Unit, principale installation placée en majesté au centre de la HAB Galerie, le visiteur y verra une forme de matrice du travail du duo luxembourgeo-français : utilisation de la résine comme matériau de base, recherche architecturale dans la composition, tonalités pastels des coloris, influences modernistes dans les formes tracées, rotation de quelques éléments circulaires. Déclinant ensuite ce canevas sur des panneaux muraux (Electric Eclipse, Untitled (Orange)) ou des plâtres réalisés à partir d’anciens engrenages industriels aux tailles démesurées (Ballet Of Destruction), le couple suscite aisément l’attention du spectateur, attiré immédiatement par les œuvres puis, dans un second temps, lancé à la recherche du mécanisme.

A Reworded Refrain
(courtesy des artistes)

Avec les engrenages, Feipel et Bechameil marquent leur intérêt pour des instruments apparemment perdus, préoccupation qu’on retrouve dans A Reworded Refrain, duo de radiocassettes reconstitués en résine acrylique et jouant habilement sur une double dimension puisqu’une partie de ces appareils est découpée circulairement, pour tourner sur elle-même à la façon d’un microsillon ; la même machine semblant donc utilisable aussi bien par des cassettes que par des vinyles ! Au-delà des objets quasi-obsolètes, il s’agit aussi de redonner vie à un bâtiment décrépi dans Hotel Utopia, film tourné à Ibiza, dans un hôtel inachevé dont ils vont affubler, aidés par des habitants de l’île, les débords des murs de couches de peintures aux tons doux (vert d’eau, bleu azur, rose pâle, etc…). Bien que l’ensemble de leur corpus soit vraiment accessible, les deux plasticiens ont également mis à disposition esquisses et travaux préparatoires, accrochés sur les murs de la HAB Galerie, adjuvants venant utilement compléter ce bel ensemble.

François Bousquet
le 05/10/2020

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