(Time Released Sound / Import)
04/09/2020
Electronique

Ambient / Expérimental / Mark Van Hoen / Time Released Sound / Zachary Paul
Tous deux recensés ces derniers mois pour des albums solo parus sur Touch, Zachary Paul et Mark Van Hoen ont possiblement tiré parti de leur double présence sur le label anglais pour faire plus ample connaissance, et se lancer dans un projet de duo. Publié par Time Released Sound, le long-format qui en résulte se trouve, comme de coutume sur ce label, servi par un très beau travail visuel et graphique : lathe cut transparent ou digipak (suivant qu’on opte pour la version vinyle ou CD), finition à la main des petites découpes de papier jointes dans la pochette, illustrations provenant de gravures de Gustave Doré. Ces dernières nous mettent, d’ailleurs, sur la voie du mysticisme qui enrobe ce disque, parcouru de vocalises extatiques et de nappes cherchant à élever l’auditeur.
Si l’intitulé de l’album marque, pour sa part, une sorte de distance vis-à-vis de la religion, les deux musiciens s’affirment volontiers comme inspirés par les différentes croyances, cherchant, dans la combinaison du violon et de l’électronique, à traduire une forme de transcendance. Le pari se trouve globalement tenu, notamment grâce à un mix très savamment dosé, positionnant chaque composante à son exacte place. À ce titre, le violon est plutôt aisément identifiable sur le début des morceaux, il se trouve ensuite enveloppé par le reste des éléments (nappes électroniques, samples divers) jusqu’à se fondre en eux. Ce constat est surtout vérifié lorsque l’instrument à cordes intervient par de longues notes tenues ; à l’inverse, lorsque Zachary Paul joue de manière plus détachée (Black Angels (Part I & II)), ou lorsqu’il fait vibrer son archet sur ses cordes (Sister Ferdinande (Kolkata), sur lequel il est relayé par le violoncelle de Katt Newlon et la contrebasse de Charlie Campagna), le violon trouve une présence plus affirmée.
Au-delà de ces descriptions, on relève que la seconde partie du disque fait davantage montre d’une recherche d’émotions (lamentations de violon, dialogue avec un clavier), pendant que la première se positionne sur des rivages plus expérimentaux, marqués par davantage d’adjuvants électroniques fournis par Mark Van Hoen (Heat Rhythm, par exemple). Avec leur choix de travailler sur des superpositions instrumentales et de mises en boucle, placées sous le patronage de Gustave Doré et du symbolisme, les deux musiciens d’IHVH fournissent une intéressante nouvelle station de leurs parcours respectifs.
le 15/10/2020