(Gizeh Records / Import)
11/09/2020
Rock

Bien que composés et enregistrés tout début 2020 (et donc, majoritairement, avant le confinement), les trois longs morceaux de Black Rain (I) semblent porter en eux la marque de cette forme de réclusion : réalisés par le seul Richard Knox, ils ont été pensés sous un format un peu contraignant (un titre par mois, immédiatement publié en version digitale, avant d’être regroupé en support physique en ce début septembre). Guitare, synthé et piano se mêlent sur la quinzaine de minutes de chaque plage, dans une musique entre post-rock et ambient, bien dans la lignée de ce qu’A-Sun Amissa sait nous offrir. Toutefois, en se concentrant sur ces trois instruments, l’Anglais s’éloigne des rivages doom explorés sur les précédents disques de ce projet.
Toujours empreintes d’une ténébreuse beauté, les compositions de Richard Knox laissent affleurer, en surface d’un tapis sonore très sombre et riche, des éléments mélodiques (notes éparses de piano, trémolo de guitare), surtout dans Out Past The Dark, deuxième proposition du disque et possiblement la plus intéressante des trois. Passant de suites au piano assez élégiaques à des traits saturés de six-cordes, le Britannique parvient à faire d’une forme assez minimale un atout puisque chaque moment et chaque variation peuvent être pleinement appréciés, à mesure que l’espace sonore s’emplit.
Des triturations et matériaux plus expérimentaux peuvent rejoindre, par ailleurs, pour de courts instants, le corpus développé par le Britannique avant que celui-ci ne retourne dans de belles profondeurs. Résultant, parfois, du simple jeu de guitare, ces dernières témoignent qu’il n’est pas nécessairement besoin de verser dans la surenchère pour émouvoir, toucher et aller chercher très loin des textures sonores tourmentées.
le 20/10/2020