(Serein / Import)
18/09/2020
Electronique

Enrichi au fur et à mesure de ses différentes collaborations (dont ces pages ont pu notamment rendre compte), le parcours de Yui Onodera l’amène, à présent, à envisager une orientation musicale un peu différente. Délaissant son ambient assez homogène, le Japonais opte pour un propos plus fragmenté, porté par des composantes électro-acoustiques et un piano préparé. La filiation est d’ailleurs toute trouvée puisqu’il s’agit, ici, de livrer la bande-son d’un film à venir sur John Cage.
Si nous ne sommes pas vraiment en présence d’un décalque du compositeur minimaliste, la dimension percussive des différents instruments utilisés (piano préparé, donc, mais aussi matériaux plus aquatiques ou plus lumineux, aussi bien que des formes de pizzicati de cordes numériques) se retrouve régulièrement sur le disque. Plus encore, on semble se trouver, par endroits, face à un harmonica de verre, ou à un vibraphone (Ray 6).
Mais le Japonais sait également s’épanouir dans des climats arythmiques, offrant de jolies petites bribes mélodiques et une atmosphère primesautière (Ray 7), ou bien des contours plus rétro-futuristes et, là encore, un peu aquatique (Ray 9). Au bout du disque, après avoir exploré ainsi divers pans électro-acoustiques, mâtinés d’une belle ambient lumineuse, Yui Onodera convie Robert Lippok (de To Rococo Rot) dans une forme de relecture du morceau d’ouverture, sans les tapotements sur le piano, mais avec des glitchs un peu plus présents en arrière-plan, dans un beau mouvement conclusif.
le 26/10/2020