(False Industries / Import)
25/09/2020
Electronique

Ayant, comme tant d’autres, mis à profit le confinement pour composer énormément et s’adonner à des registres un peu différents de ceux qu’il emprunte d’ordinaire, Yair Etziony s’est tourné vers une drum’n’bass au tempo moins soutenu que le veut habituellement ce style musical. Convaincu par ses nouveaux titres, l’Israélien a décidé de les publier sur son propre label, qui fête d’ailleurs ses 10 ans, sous un nom spécifique, histoire de marquer la différence avec ses autres travaux. S’agissant de ceux-ci, ces pages avaient souligné, il y a quelques semaines, que Yair Etziony était revenu, pour son dernier long-format en date, tout du moins, vers l’electronica rythmique de ses débuts. State Of Exception procède aussi un peu de ce regard rétrospectif puisque le style abordé connut ses grandes heures il y a une vingtaine d’années et on ressent la vague impression que le courant n’est plus aussi en vue qu’à l’époque.
C’est donc avec une certaine fraîcheur qu’on aborde la cinquantaine de minutes de ce disque, attaqué d’entrée par des basses bien présentes et des pulsations bien marquées, relayées par des nappes bien sombres et quelques samples vocaux mis en boucle. L’ensemble s’avère naturellement très entraînant, sans non plus verser dans la facilité puisqu’ainsi que déjà précisé, le tempo global n’est pas très élevé, et les compositions accueillent fréquemment des breaks ou des moments arythmiques.
Plus encore, pour ne pas lasser l’auditeur non familier de ce registre, TMUX positionne, au milieu du disque, une piste de franche electronica, aux consonances IDM, avec polyrythmie savoureuse, gazouillis mélodiques et relance aussi attendue qu’emballante (Metropolis). Plus loin, l’Israélien sait également varier ses rythmiques pour alterner pulsations un peu sourdes, attaques plus éclatantes, semblables à des frappes sur une caisse claire (The New Normal) ou cadences plus saccadées et répétitives (Umwelt), voire offrir un titre sans plus aucune rythmique, quasiment limité à une note tenue oscillante (le morceau-titre).
Avec cette belle variété, TMUX séduit donc, surtout dans les deux premiers tiers d’un disque dont on ne sait pas s’il est le début d’une carrière parallèle pour Yair Etziony, ou bien simplement un pas de côté de circonstance.
le 27/11/2020