(sound in silence / Import)
28/09/2020
Rock

Comme pour d’autres artistes peu avares en sorties (et Yellow6 n’en est pas le moindre, puisque l’Anglais frise les cent publications en plus de vingt ans de carrière), nous nous retrouvons à ne chroniquer que certaines parutions, et singulièrement celles offertes par des labels comme sound in silence. De fait, c’est, trois ans après un précédent long-format, déjà recensé sur ces pages, sur la structure grecque que Jon Attwood revient, pour une nouvelle déclinaison musicale du ressenti pendant le confinement. Enregistré chez lui, pendant les mois printaniers et de réclusion, Silent Streets And Empty Skies (intitulé assez parlant) évoque naturellement ces lieux déserts et espaces vides, qui lui ont fortement donné envie de composer.
Ayant acheté une nouvelle guitare, le Britannique s’en est servi pour composer les neuf morceaux de ce disque, mais ne la laisse pas seule aux commandes puisqu’elle est rejointe, dès le deuxième titre, par une boîte à rythmes assez alanguie. Conjugué aux interventions de six-cordes caressantes, cet apport crée des propositions particulièrement soyeuses, à l’image de V2 avec ses deux lignes de guitare mêlées à une rythmique basique, façon caisse claire frappée aux balais.
Même seule, la guitare de Yellow6 sait arpenter des espaces différents, telles les notes graves et profondes de Broadcast, les touches plus réverbérées d’Unbroken Sun (Two), le trémolo quasi-prenant de Doubled ou encore les accords pincés d’Unbroken Sun (Three). Au milieu d’un disque long d’une heure et quart, Jon Attwood livre une pièce de plus de dix-huit minutes, très ancrée dans sa tradition personnelle : nappe de guitare en arrière-plan, accords pourvus de delay, suite de deux ou trois notes pour les aspects mélodiques et coups sourds issus de la boîte à rythmes (Panam). Réminiscence des travaux précédents de Yellow6, ce morceau trouve parfaitement sa place sur l’un de ses meilleurs disques.
le 02/12/2020