(Room40 / Import)
02/10/2020
Electronique

En dehors de Dalot, Absent Without Leave et de son label sound in silence, attachés à un post-rock alangui et à une ambient soyeuse, dont nous suivons très régulièrement les sorties, la Grèce se distingue aussi par une scène plus expérimentale. Après avoir déjà rendu compte des travaux de Coti, Ilios ou Tasos Stamou, ces pages en viennent à Michalis Moschoutis, guitariste athénien, auteur de trois précédents albums et qui, pour ce quatrième effort, rejoint Room40, label tout à fait indiqué pour ses triturations de six-cordes, opérées dans un registre assez minimaliste et abstrait.
Malaxant son instrument, en sortant quelques notes mais aussi des grattements plus métalliques ou des sons plus acérés, le Grec travaille sur une large palette, qu’il conjugue à des apports de cymbale, ou encore à des bruits de bouche ou des tapotements sur de petits micros, afin de constituer des formes de rythmiques (le morceau-titre). Évoluant dans une atmosphère torturée mais en même temps pas du tout repoussante pour l’auditeur, le musicien peut, par ailleurs, proposer un titre dans lequel le piano prend en charge la partie mélodique, par quelques touches éparses, agrémentées de perturbations sonores d’arrière-plan (Sounio).
Pour accompagner ses propres interventions, plutôt espacées, Michalis Moschoutis a convié quatre invités, majoritairement aux instruments à vent (saxophone soprano, trompette, thranophone), pour installer des tapis sonores plus tenus et apporter un intéressant contrepoint à sa guitare. Plus encore, les cordes pincées du qanun (sorte de cithare sur table) de Sofia Labropoulou confèrent un aspect plus métallique et plus psyché à Soft Tissue. L’ensemble forme alors un album vraiment convaincant, qui nous donne également envie d’explorer la discographie d’Holotype Editions, label géré par Moschoutis qui sort un ou deux disques par an.
le 03/12/2020