Lau Nau

Själö

(Fonal / Import)

 date de sortie

09/10/2020

 genre

Electronique

 style

Ambient / Musique de film

 appréciation

 tags

Ambient / Fonal / Lau Nau / Musique de film

 liens

Fonal
Lau Nau

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Riche automne pour Lau Nau puisque la Finlandaise publie deux albums, coup sur coup, tous deux réalisés avec le pianiste suédois Matti Bye. Ces pages ne s’arrêteront que sur Själö, paru sur Fonal, en vinyle uniquement, très beau disque bleu irisé de blanc, permettant de faire le lien avec la mer entourant l’île de Själö, dont il est question, ici, puisque nous sommes en présence de la bande-son d’un documentaire sur ce petit bout de terre (moins de 2 km²) situé au sud-ouest de la Finlande, au milieu d’une kyrielle d’autres îles. Alors qu’on aurait pu aisément imaginer que le documentaire se serait concentré sur la nature et la singularité de cet espace, Lotta Petronella a fait le choix de se concentrer sur un ancien asile (dans lequel des femmes étaient internées et observées) devenu, depuis, un laboratoire de recherche.

Adossée à ce sujet, Lau Nau y a vu un parallèle entre étude scientifique des internées et exploration de la nature par les chercheurs. Pour sa sixième (!) bande-originale, la musicienne s’appuie alors majoritairement sur des field recordings, captant les bruissements et l’atmosphère de Själö. Les oscillations du synthé dialoguent alors avec les bourdonnements oniriques, surtout dans les morceaux les plus longs, plus aptes à laisser interagir les premières avec les seconds (Ön Försvinner). Le piano de Matti Bye vient, par endroits, apporter quelques touches plus mélodiques, bien que l’ensemble reste fidèle à une ambient assez vaporeuse, traversée de grincements et murmures, convoquant le double souvenir des femmes claustrées et de la nature, plus libre sur cette petite île (les vagues et les pépiements d’oiseaux de Primula Veris, au hasard).

Même ce piano se trouve, au reste, travaillé et filtré a posteriori, passé au tamis d’un synthétiseur modulaire, comme si, finalement, rien ne pouvait être transmis en direct au public, et tout devait passer par le filtre de l’écran (pour le documentaire) ou de ces effets (pour la musique). Si cela met parfois l’auditeur un peu à distance, d’autant plus que le propos tend vers une certaine économie de moyens et un minimalisme revendiqué, la cohérence du tout est assurément à saluer.

François Bousquet
le 15/12/2020

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