(RVNG Intl. / Import)
16/10/2020
Electronique

Ambient / Drone / Oliver Coates / RVNG Intl.
Violoncelliste présent sur certains disques de Mira Calix, mais aussi de Radiohead ou sur les bandes-originales composées par Jonny Greenwood pour les films de Paul Thomas Anderson, Oliver Coates publie, depuis plusieurs années des disques en solitaire. Cet exercice du violoncelle solo se trouve, finalement, assez souvent rencontré sur ces pages, souvent en bonne part et dans des zones d’intervention plus variés que ce que la perspective d’un tel album pourrait laisser imaginer.
Ici, par exemple, on est loin des déliés d’Anne Müller ou des fragments d’autres musiciens, puisque le Britannique opte pour une forme très proche du drone, mixant ses interventions, puis les modulant par un travail a posteriori jouant sur la profondeur sonore. On se situe alors dans un exercice qui prend des tournures très enveloppantes, voire des accointances quasi-drone-métal (Caregiver Part 5 (Money) ou Reunification 2018, quand les coups d’archet sur les cordes s’apparentent à des slides sur une guitare électrique). La saturation posée sur la plupart des propositions du violoncelle colore également l’album de cette même eau, mais sans jamais complètement déborder, conservant une belle cohérence.
De toute façon, pour précisément ne pas se laisser envahir par la distorsion et ses effets, Oliver Coates peut livrer des morceaux moins chargés, faisant pleinement place à des lignes mélodiques (Philomela Mutation) ou cherchant leur inspiration dans d’autres disciplines artistiques (ce même Philomela Mutation, bande-son d’un film, ou bien Butoh Baby, composé en pensant à la danse du même nom). Capable de jouer ainsi sur plusieurs registres, l’Anglais sait aussi susciter des émotions chez l’auditeur, emporté par les longues notes de violoncelle mâtinées de synthèses granulaires (Honey), ou charmé par le spoken word de Malibu, venue poser sa voix sur le dépouillé et caudal Soaring X.
le 30/12/2020