(Schole / Import)
23/10/2020
Classique

Depuis l’été 2017, et son In The Dark Woods qu’on avait alors salué, Akira Kosemura n’a plus sorti de véritable album. Le Japonais a, en revanche, multiplié les EP et bandes-son de film, téléfilm ou série, en plus de s’occuper de schole, son label qui continue d’offrir des sorties de qualité, dans l’ensemble. C’est à nouveau dans le registre de la musique de film qu’on le retrouve, chargé d’illustrer True Mothers, film de Naomi Kawase qui faisait partie de la sélection Cannes 2020, et centré sur un couple qui adopte un enfant dont la mère biologique réapparaît plusieurs années après.
Assurément, la composante émotionnelle du film de la Japonaise est assez forte, et Akira Kosemura accorde ses partitions de piano à cette sensibilité. Dès le morceau d’ouverture, chargé du thème central de l’album, on retrouve ainsi un clavier bien conscient de la charge affective qu’il porte : notes détachées, silences significatifs entre ses interventions, alternance de petites notes aiguës et de touches plus graves et profondes, réminiscence de souvenirs passés (certaines mesures des trois titres intitulés Hikari nous semblent, ainsi, décalquées des travaux d’Howard Shore pour Le Seigneur des Anneaux).
Comme (trop) souvent avec les disques de musiques de film, l’album est très généreux en nombre de pistes (dix-neuf, ici) avec une suite de vignettes dépassant rarement les quatre-vingt-dix secondes. Dans ce contexte, ce sont surtout les morceaux dans lesquels le piano du Japonais se fait plus vif qui nous touchent (To The Forest), voire ceux où Kosemura est rejoint par des cordes (Island Song) ou bien une clarinette (See The Light Of The Day). Un peu de frustration naît alors, suscitée par la brièveté de propositions qu’on aurait aimé être davantage développées, plutôt que les suites contemplatives de piano solo décidément beaucoup trop éculées.
le 06/01/2021