((K-RAA-K)3 / Import)
16/10/2020
Rock

Démocratisé par des artistes comme Zeen Parkins ou Mary Lattimore, l’usage de la harpe dans la musique contemporaine et les dérivées de l’électronique continue de se développer. C’est ainsi qu’une musicienne comme Orphan Fairytale, après plusieurs années de productions electronica, parfois très lo-fi, parfois plus psyché, s’est tournée vers cet instrument, dans sa version celtique (colonne cintrée, une dizaine de cordes en moins que la harpe classique). Pour son premier album sur (K-RAA-K)³, la Belge livre donc le résultat de sa rencontre avec l’instrument, jolie suite d’une grosse demi-heure et cinq morceaux assez dépouillés.
De fait, il s’agit, ici, de se concentrer sur la harpe, sans véritables ajouts extérieurs hormis quelques vocalises lointaines ou micro-apports électroniques. En s’adossant quasi-intégralement sur les cordes en métal, Eva Van Deuren livre alors quelque chose de très pastoral et aquatique, faisant dégouliner ses enchainements de cordes pincées ou jouant sur la réverbération de certains sons pour figurer la lumière se reflétant dans les feuilles et sur l’eau. L’usage du sampler permet aussi à Orphan Fairytale de mettre en boucle des notes tenues, afin de créer un tapis sonore ou une basse sur lesquels s’appuyer pour déployer des cascades de notes plus aigües (Aeolys Hybrid), ou bien de superposer habilement deux lignes mélodiques (Subliminal Season).
Une percussion sèche peut, par ailleurs, introduire une cadence capable de structurer et d’agrémenter l’arrière-plan sonore (le bien-nommé Gallerina Waltz, effectivement assez dansant). Comme sur les disques de Mary Lattimore, donc, c’est une belle variété que nous offre ici Orphan Fairytale, alors que, spontanément, on s’était imaginé une proposition nettement plus uniforme.
le 05/02/2021